Plaider l'innocence serait logique, mais peu honorable : en appâtant mes candides collègues avec « un jeu multi local à tester pour le prochain numéro », je savais parfaitement dans quoi je les embarquais, parce que je m'étais déjà farci les treize didacticiels de Sumer et trois parties avec des IA. Bon, je trouvais – et je trouve encore – que Sumer avait quelque chose de spécial : dans ce jeu de plateau où les tours se déroulent en simultané, le but est de déposer le plus d'offrandes possible aux pieds d'une déesse manifestement assez paresseuse. Le côté rigolo, c'est que vous allez devoir confectionner vos offrandes vous-même, en posant des bâtiments dans la pyramide qui sert de plateau de jeu vertical, puis en ordonnant à vos esclaves d'aller faucher du blé ou cuire du pain dans la case adéquate. Les places sont limitées, alors il faut se grouiller d'atteindre les salles qui correspondent à la stratégie qu'on veut suivre : est-ce qu'il vaut mieux aller déposer des fardeaux de blé sur l'autel ou se prendre la tête à brasser les épis et fabriquer de la poterie pour créer de la bière, qui plaira beaucoup plus à la déesse ? Oui, sur le papier, Sumer a tout : de la tension, des choix difficiles, de la compétition. Sur le papier. Sur l'écran, c'est une autre histoire.