Dans Everything, on commence par incarner un animal. Généralement c'est un ours, mais pas toujours. On se balade un peu, on descend une colline, on constate que l'ours n'est pas animé (il roule sur lui-même, comme la plupart des animaux) et alors qu'on se demande si tout ça est bien raisonnable, voilà qu'un rocher se met à vous donner des conseils. Il vous apprend notamment que vous pouvez incarner à peu près tout ce que vous voulez, de plus petit ou plus grand que vous. Alors on essaye. On devient un arbre et puis une forêt. On se transforme en marmotte, en baleine ou en touffe d'herbe. D'une touche, on peut attirer les éléments identiques et en prendre le contrôle, pour avoir une foule de roses qui se déplacent à toute vitesse, par exemple. Bon, d'accord, mais on tourne un peu en rond. Alors un bout de bois mort nous parle encore, et nous explique qu'il ne faut pas se limiter à notre échelle : pourquoi ne pas faire un tour au ras du sol ? On devient un ver de terre, une coccinelle et une mante religieuse et puis rebelote, alors on descend encore plus profond. On devient un grain de sable puis un cheveu sec et la tuberculose, et puis c'est le grand plongeon : on devient un concept, une forme en trois dimensions, un polygone quelconque, un photon ou même un boson de Higgs. Et à ce stade, ça ne suffit plus, il faut continuer, il faut plonger plus profond encore... et on se réincarne en galaxie. On commence à ralentir la descente : on devient un système solaire, puis un soleil, plus une planète. On se transforme en continent, puis en grosse roche, en arbre. Et puis en ours, encore.