Au début, on peut avoir des doutes. On peut même se dire que prendre en main une exploitation viticole va être beaucoup moins sympa que de gérer un hôpital, un open-space ou un parc d'attractions, domaines auxquels le genre du tycoon nous a habitués depuis de longues décennies. Et puis on lance Terroir. Et là, pendant que le didacticiel déroule ses explications, boum. La révélation. Bien sûr, que produire du vin chatouille agréablement la glande tycoonale nichée au cœur de nos cerveaux. Parce que la viticulture, contrairement à ce que j'ai longtemps cru, ne se résume pas à engraisser du raisin et à l'écraser avec les pieds pour l'oublier ensuite cent ans dans un tonneau. Il faut choisir où faire pousser telle ou telle variété de vignes, tailler les branches pendant que les mois s'égrènent, choisir ensuite les méthodes de foulage et de pressurage afin de réduire l'acidité du vin ou d'augmenter son caractère tannique... Et une fois le vin embouteillé (dans quel type de bouteille ?), son aventure ne fait que commencer. On laisse la cuvée vieillir, on fait venir des œnologues pour qu'ils la notent – s'ils adorent, elle se vendra au prix fort –, on envoie des caisses à des distributeurs et, enfin, on touche un petit pactole tandis qu'on est déjà parti s'occuper d'une autre variété de raisins ou de la récolte de l'année suivante.