Si Destiny attire toujours du monde près de trois ans après sa sortie, c'est à cause de l'effet vieille pantoufle. On s'y sent bien, on retrouve immédiatement ses marques, ses armes préférées, ses pouvoirs de classe, le bestiaire riquiqui dont on a appris les mouvements par cœur... C'est comme le vélo ou la physique nucléaire, ça ne s'oublie pas. D'autant qu'on n'a pas grand-chose à y faire : on dessoude des ennemis (toujours les mêmes) pour récupérer du butin, de nouvelles armes qui permettront de mieux buter les adversaires suivants, qui nous fileront à leur tour de nouvelles armes, et ainsi de suite. Mais surtout, Destiny prend tout son sens en multi, dans les (trop peu nombreux) raids, qui exigent significativement plus du joueur et de ses indispensables coéquipiers, en temps (ça prend des heures), en coordination, en ingéniosité et en talent pur. Il faut donc presque juger Destiny à l'aune de son groupe d'amis et de son temps libre, car si on le fait sur ses qualités propres, il n'y a pas de quoi perdre le sommeil. Chez Bungie, on semble en être au moins un peu conscient, puisque l'on regrette que seul un joueur de Destiny sur deux ait pu participer à un raid. Pousser plus de monde vers les raids est, mais on y reviendra, l'un des grands travaux de Destiny 2.