Régulièrement, il en arrive un comme ça sur mon bureau. Au départ je panique. Complexée par mon absence totale de skill, je me roule en boule sous mon siège en demandant au bon dieu ce que j’ai bien pu faire pour mériter une si piètre coordination main-œil. Et puis à un moment, ma conscience professionnelle prend le dessus et je m’astreins à une pratique obsessionnelle, un peu comme quand je fais du sport. Thoth convient parfaitement à cette façon de procéder. Tireur aux deux bâtons (on me souffle dans l’oreillette que j’exagère et qu’il faut l’appeler twin stick shooter), Thoth, aussi bien à la manette qu’au clavier-souris. Vous, une simple boule blanche, lancez des salves de projectiles sur d’innocents quadrilatères jusqu’à les vider entièrement de leur couleur. Ils continueront de se promener, de représenter une menace létale pour votre boule blanche, ils se déplaceront plus rapidement et de manière plus erratique, mais vos projectiles les traverseront. Votre progression n’est sauvegardée que tous les quatre niveaux, ou quelque chose comme ça. À un moment, on arrête d’essayer de compter. On se contente de se laisser porter par la conception de chacun des niveaux, aussi cruelle que délicieuse.