Qui dans la salle a déjà joué à un jeu Amanita Design ? Les Samorost, Machinarium, Botanicula ? Si c’est le cas, désolée, vous êtes irrémédiablement fichu : Karma. Incarnation 1 ne vous semblera qu’une triste copie, certes ornée de couleurs pop, mais pâlichonne tout de même. Pour les autres, sachez qu’Auralab utilise un héros muet, le place dans un environnement un peu fifou, ambiance voyages cosmiques et drogues hallucinogènes, et vous laisse le soin de le guider dans cet univers étrange. Vous cliquerez sur des bonshommes, sur des objets, pour leur parler ou les effrayer, les aider ou les tuer, et votre petite aventure se déroulera comme ça, sans autres difficultés que celle d’une interface qui oscille selon les situations entre le peu clair et le mal branlé. Après un didacticiel en forme d’introduction un peu longuette, vous récupérez un vaisseau spatial qui vous permet de vous déplacer entre une poignée d’environnements, souvent assez gais. Originalité par rapport aux jeux de mes Tchèques préférés, Karma s’habille de quelques choix moraux. Allez-vous aider cette petite créature ou lui roter au visage ? Hélas, entre les pictogrammes censés vous expliquer le sens de votre action (illisibles pour la plupart) et les énigmes bancales, il arrive souvent de trucider une gentille bestiole parce qu’on a envie de mettre fin à ses souffrances (les nôtres, pas les siennes). Ni vraiment inspiré, ni complètement réussi, l’exploit de Karma reste de faire oublier ses choix artistiques par ses erreurs de conception. Cerise sur le space-cake : il ne s’agit en réalité que d’un morceau d’aventure, qui s’interrompt à mi-chemin de la quête.