Piéton ou piste-cycliste, bref, vous-pas-motorisé qui habitez Paris ou une grande ville, il doit vous arriver de râler contre les voitures garées n'importe comment, en indélicatesse avec le code de la route, coiffées en épi foireux, ou autre char arrêté par Ben Hur sur un passage-protégé, posé comme un gland, ou plutôt ici comme une merde, sur les voies vélo. C’est grâce à notre chef de pub Denis parfois-pas-motorisé que j'ai découvert l'existence de ces petits autocollants pacifiques. Ça ressemble à un gros marron dans la figure, mais c'est comme une gentille petite piflette (mélange de giflette et de poing dans la gueule) et ça n'en a pas les effets secondaires. Pas tous. En fait, on voit surtout le « Je suis » et le « une merde », mais c'est peut-être ophtalmique, tout dépend du point de vue, de l'ego ou de la susceptibilité du conducteur, et c'est suffisamment diplomate pour ne même pas laisser de trace de colle sur la carrosserie (donc rajoutez de l'extra-glu si le cœur vous en dit et que la voiture est vraiment garée comme une fosse septique). Plutôt que d'arracher un rétro d'énervement parce que vous êtes vénère, comme Kahn Lusth, voici une alternative aussi douce qu'un concept écolo mais qui terrifiera le mal-garé en lui révélant l'existence d'une cinquième colonne (ou file, c'est selon). Il est vrai que nos gènes d'agressivité citadine opteraient plus volontiers pour un écrase-bagnole façon Grosse Bertha de 5 000 m3 qu'un autocollant fin comme une porte de voiturette Lada, mais voilà, vous pouvez toujours en porter un petit paquet sur vous en toute discrétion, et eux n'ont pas besoin d'être garés lorsqu'ils ne servent pas. Dernier constat : je n'ai toujours pas écoulé mon lot de 50 autocollants depuis deux ans en ma possession. Alors, soit les gens ne sont « pas si mal garés » que ça. Soit je suis moins intolérante que je le pensais. Soit j'ai la trouille de me faire choper. Je vous laisse juge. Sinon, c'est peut-être ophtalmique.