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Jeu: No Man's Sky
Genre: Minecraft dans l'espace
Developpeur: Hello Games (Royaume-Uni)
Editeur: Hello Games
Plateformes dispo: PC Windows, PS4, Xbox One
Langues: français, anglais
Drm: Steam
Date de sortie: 09/08/2016
Prix: environ 60 €
Au risque de passer pour un gros con, j'ai bien aimé No Man's Sky à sa sortie, en 2016. Je n'en attendais rien de particulier mais j'ai fini par passer pas mal de temps à découvrir ses milliards de planètes, ses races extraterrestres, ses plantes, ses bâtiments abandonnés, ses monolithes et ses animaux générés procéduralement. Il y avait quelque chose de beau, dès le début, dans No Man's Sky : la promesse d'un monde comme le nôtre, pur fruit du hasard, où deux pierres ne pouvaient pas être semblables, où, au détour d'une colline, on pouvait apercevoir une créature atroce, hybride affreux de lignes de code impies, se tenir devant un joueur qui, pour la première fois dans un jeu vidéo, puisque tout était produit par le hasard, pouvait ressentir l'expérience qu'avaient dû connaître les explorateurs d'antan quand il y avait encore des choses à découvrir. Le principe de No Man's Sky pouvait tenir en une phrase : ici, il y a encore des choses à voir, qui n'ont été vues par personne.

Y a pas de hasard.

Alors d'accord, il faut bien l'admettre : dès le début, No Man's Sky, c'était aussi plutôt chiant. Finalement, de tous les reproches qui ont été faits à Sean Murray, son créateur, ce n'est pas tant l'absence de ce qui avait été promis dans les trailers (multijoueur, combats nerveux, monstres titanesques...) que la répétitivité des environnements et des créatures rencontrées qui plombaient le jeu. À la limite, il n'aurait pas fallu grand-chose pour que No Man's Sky remplisse sa promesse d'être le plus grand jeu d'exploration jamais conçu.

Il aurait suffi, dans le code, d'un milliard d'événements aléatoires qui n'auraient eu qu'une chance sur un milliard de se produire, afin que chaque joueur ait la possibilité de découvrir quelque chose d'unique : une planète qui, hasard de la génération aléatoire, aurait été 60 fois plus grande que son soleil, des centaines de créatures de la taille de quelques atomes, qui se baladent par nuées, des arbres qui poussent depuis l'atmosphère vers le centre de la planète, des milliers de bâtiments agencés ensemble pour former une mégapole engloutie. À défaut d'avoir prévu des règles qui permettent à des événements improbables de se produire, le jeu, et le joueur, se sont vite retrouvés à tourner en rond, sur des planètes similaires, où seuls la couleur de l'atmosphère et le nombre de pattes des animaux changeaient.

Les promesses de l'autre.

Il faut bien reconnaître, en revanche, que le jeu de Sean Murray a fini par remplir ses promesses. Le No Man's Sky de 2019 ne ressemble presque en rien au jeu de 2016, mais enfin à celui des trailers. Les biomes sont plus variés, on peut y construire des bases et s'amuser pendant des journées entières, comme dans Minecraft, à peaufiner son petit nid douillet, il y a plusieurs histoires principales qui durent des heures, des véhicules, des constructions sous-marines, des grands vaisseaux où l'on peut fabriquer des bases orbitales, un inventaire bien mieux optimisé et une mécanique de farming revue pour passer plus de temps à faire autre chose. Depuis Beyond, la dernière extension, on peut même y jouer vraiment en multijoueur, jusqu'à 32 sur PC, visiter les constructions des autres, galoper sur le dos des animaux sauvages ou faire joujou avec l'électricité, qui fonctionne un peu comme la redstone de Minecraft.

Starcraft.

Moins qu'un jeu d'exploration, No Man's Sky est aujourd'hui devenu un Minecraft de l'espace. Comme le jeu de Notch, il s'améliore régulièrement et ajoute de nouveaux éléments qui lui permettent d'étaler un contenu dont on ne peut plus faire le tour. Plus que jamais, le jeu offre la possibilité aux joueurs d'exprimer leur créativité et de se perdre, pendant des heures, à la surface de planètes plus variées qu'autrefois ou de partir en expédition avec des amis. N'en reste pas moins que, du jeu d'exploration dont on aurait pu rêver, il ne subsiste pas grand-chose. Au lieu d'ajouter plus de surprises, d'imprévus, de laisser le contrôle à la machine, le développement est parti dans une autre direction, tout aussi respectable, celle du jeu de construction où tout est permis. C'est très bien (comme Minecraft) et c'est toujours agréable d'y passer quelques heures à construire une base dont on sera fier. C'est simplement que, comme dans Minecraft, au bout de quelque temps, on finit par s'observer en train de ramasser du fer pour construire un énième bout de mur, en rêvant d'un jeu où les étoiles seraient encore pleines de mystères.

En réalité virtuelle.

Bonjour, c'est votre ami ackboo. Par esprit de sacrifice et par pure dévotion envers le lectorat de Canard PC, j'ai décidé de tester le mode réalité virtuelle offert par cette nouvelle version de No Man's Sky. Histoire d'y aller à fond, j'ai choisi d'y jouer en mode « smooth », le plus difficile à supporter niveau nausée/vertige puisqu'il n'y a pas de téléportation, ni même de « vignette » pour réduire le champ de vision lors des déplacements. Verdict après une semaine d'essai : l'oreille interne en bave, mais le boulot effectué par les développeurs pour adapter leur jeu à la VR est franchement réussi. Le jeu tourne convenablement si on baisse quelques détails, les innombrables menus avec lesquels on interagit sont bien adaptés aux avantages/contraintes des contrôleurs VR. L'immersion est évidemment incomparable. On « sent » mieux la présence des animaux, l'échelle des reliefs ou de la flore, l'immensité des planètes survolées. Sur un casque de nouvelle génération comme l'Oculus Rift S, les textes sont parfaitement lisibles et la gestion de l'inventaire ou du crafting se fait sans problème. Ce port VR est donc largement supérieur à ceux de Subnautica ou Fallout 4 par exemple. Prévoyez quand même un long temps d'acclimatation – plus d'une semaine pour moi, à raison de 30 minutes de jeu par jour – avant que le mal de mer dû à la réalité virtuelle finisse par disparaître.