Est-ce que nous, qui sommes nés après 1969, serons un jour capable de comprendre ce qui a pu traverser l’esprit de 600 millions d’hommes et de femmes, un 21 juillet, quand l’homme a, pour la première fois, posé le pied sur la Lune ? Dans Civilization, la partie s’arrête quand, enfin, l’humanité parvient à conquérir l’espace. C’est le but du jeu : s’extraire d’une condition qui semblait irréversible et devenir, pendant quelques heures, davantage que ce que la nature avait décidé pour nous. Peut-être que notre partie à nous, au XXIe siècle, est également terminée, mais que nous ne le savons pas ? Peut-être qu’il n’y avait que ça à faire, que c’était l’unique but, que nous l’avons fait et que maintenant, nous attendons simplement, dans le calme, que tout disparaisse ? Peut-être que nous continuons, chaque jour, d’aimer, de rire, de pleurer et de vivre, tout simplement parce que nous ne savons pas que tout est déjà fini ? Et dans ce cas, peut-être que l’astronaute, en haut là-bas, sur notre satellite, s’il avait d’assez bons yeux, pourrait observer une humanité qui joue, assise à son bureau, au Démineur, au Solitaire, ou à Constantly Forward, en attendant la mort et la fin de tout ?