Pourtant, croyez-le ou non, je ne l'attendais pas tant que ça, ce Crusader Kings III. Ou plutôt, je l'attendais avec pas mal d'appréhension et craignais le syndrome Civilization : proposer une nouvelle version d'un jeu qui change tellement les mécaniques que les amateurs du précédent se sentent exclus, incapables de passer à quelque chose qui, en définitive, n'est plus vraiment le même jeu. Eh bien, il ne m'aura fallu, en fait, que deux ou trois minutes à regarder jouer les développeurs pour commencer à baver bizarrement, au point de faire interrompre la présentation pour qu'on me laisse dans une pièce, seul, avec ma dose. Or, pendant ces deux minutes, les développeurs n'ont pas dit grand-chose, juste quelques mots magiques qui ont envoyé valser toutes mes appréhensions : ils ont dit qu'ils avaient compris que Crusader Kings était avant tout un jeu qui permet de raconter des histoires, et qu'ils avaient voulu accentuer cet aspect en se focalisant sur les mécaniques de roleplay. Ce n'était pas que des mots : devant moi, à l'image, les mécaniques se joignaient à la parole.