Lorsque des films étrangers sont retitrés pour leur sortie en France, on peut observer des tendances étranges. Par exemple, placer le terme « sex » de manière tout à fait gratuite (Sex Crimes pour Wild Things, Sex Academy pour Not Another Teen Movie, Sex Intentions pour Cruel Intentions), capitaliser sur le succès d’un film qui n’a absolument rien à voir (Very Bad Trip pour The Hangover, vraisemblablement adapté de Very Bad Things, ou American Trip pour Get Him to the Greek), ou encore utiliser des termes anglais plus simples pour ne pas perdre le public (Phone Game pour Phone Booth, Happiness Therapy pour Silver Lining Playbook, American Girls pour Bring it on). Parfois, ces titres foireux peuvent complètement modifier les attentes qu’aura le spectateur d’un film, comme en atteste l’exemple des Révoltés de l’an 2000. Avec un nom pareil, on aurait pu se préparer à un film de science-fiction avec une vague histoire de rébellion. Il s’agit en réalité de l’histoire d’un couple de touristes anglais qui partent sur une île espagnole, et découvrent avec horreur que des enfants viennent d'y assassiner tous les adultes. Le titre original, ¿Quién puede matar a un niño? (« Qui pourrait tuer un enfant ? »), est tout de suite plus éloquent. C’est une sorte de Sa Majesté des mouches hispanique fortement inspiré par l’œuvre de Hitchcock, aussi glaçant que remarquablement mis en scène – et qui m’a donné des sueurs froides pour au moins toute l’année.