Les quelques lignes qui suivent seront consacrées à l’optimisation du classement pour Magic, mais vous pourrez facilement transposer le raisonnement à tout autre JCC. Je vais également partir du principe que vous avez accumulé une collection qui déborde de la simple boîte à chaussures et que vous êtes un peu perdu.

Partons du principe que vous avez accumulé une collection qui déborde de la simple boîte à chaussures et que vous êtes un peu perdu.

En premier lieu, et ça paraîtra sans doute évident aux vieux briscards : séparez les cartes de valeur des autres. Généralement ça s’apparente aux rares et mythiques, mais certaines unco peuvent également voir leur prix s’envoler. Je ne vous recommanderai jamais assez les classeurs à levier avec gros anneaux « en D ». Ceux d'Exacompta font parfaitement l’affaire et peuvent se dégoter pour une poignée d’euros dans n’importe quelle enseigne de bureautique. Par pitié, oubliez tous les classeurs « pro gamer » de marque Ultra Pro et consorts. Ils coûtent une fortune, sont généralement d’assez mauvaise qualité (une fine couche de plastique sur du carton), et ne tiennent pas dans la durée.
C'est cher, et ça craque.

Faites vos classes

Pour garnir ces classeurs, utilisez des pochettes dédiées. Peu importe le fabricant, même si dans les faits, Ultra Pro a un peu pignon sur rue en termes de rapport qualité-prix. Là encore, pas la peine de vous ruiner. La gamme Silver fait un boulot très honnête et on trouve une centaine de pages pour moins de 20 €, sans parler des promos. Veillez simplement à ne pas les surcharger : 6-8 cartes grand maximum recto-verso. J’ai pris pour habitude de classer par coût de mana, puis de regrouper les mêmes types ensemble. Ce système permet de repérer rapidement un item précis et de ne pas perdre de temps à feuilleter l’intégralité du classeur.

Enfin je ne saurais que trop vous recommander l’acquisition d’un petit portfolio, sorte de cahier avec pochettes intégrées, afin d’y caser votre pool d’échange le plus sexy. Mettez les meilleures cartes dans les premières pages, ce sera votre vitrine, mais restez méthodiques par la suite. Pour le format, privilégiez les petits cahiers 2×2, ou au plus 3×3. Les pages à l’intérieur sont robustes mais les couvertures souples, ce qui écarte l’embarras causé par la rigidité des classeurs et facilite le transport. Si l’on trouve ces cahiers autour de 20 € en Europe, on peut en acquérir pour une poignée d’euros sur Aliexpress. Dans ce cas, par pitié, mettez vos précieux sous pochette avant de les ranger. Dans de rares cas, certains des matériaux employés par des fabricants peu scrupuleux peuvent abîmer les cartes en contact direct avec le plastique. Et pour le tout-venant ? Il y a quelques années, la marque BCW était toute puissante. Aujourd’hui on trouve pléthore de concurrents qui font tout aussi bien. Pas la peine de vous ruiner, les boîtes en carton à assembler soi-même font parfaitement l’affaire, sont robustes et coûtent à peine quelques euros. Les plus grosses accueillent jusqu’à 4 000 cartes, largement de quoi voir venir. Comptez environ 5-8 € selon arrivages et promotions. On voit également fleurir récemment des solutions de rangement à tiroirs, toujours en carton. Si elles sont pratiques pour récupérer une rangée précise sans se faire un tour de rein, elles ne sont pas données et pas toujours de la plus grande solidité. Au sein de ces boîtes, j’aime bien consacrer une rangée maximum par couleur, classée par coût de mana, avec des séparateurs pour identifier rapidement ce qui est rangé où. Et si malgré tout ça vous n’arrivez pas à tout caser, peut-être est-il temps de se demander si tous ces bouts de carton sont véritablement indispensables…

Des nourritures terrestres aux pourritures célestes

Maintenant que la question du rangement matériel a été réglée, intéressons-nous aux outils virtuels qui facilitent la vie. Si vous en êtes encore à vos débuts, il peut être intéressant de rentrer les éléments en votre possession sur un site dédié (Moxfield et Archidekt par exemple font ça extrêmement bien). L’intérêt apparaît dès que l’on cherche à construire un deck sur ces sites, étant donné que les cartes disponibles sont directement détectées, ce qui permet de voir d’un coup d'œil ce qui manque ou de trouver des palliatifs. On ne va pas se mentir, c’est un processus assez fastidieux, malgré des solutions de facilité via le scan avec un smartphone. Mais une fois cette étape passée, on revient rarement en arrière.

Dernier allié, et non des moindres, un solide tableur. Excel, Google Sheets ou Calc, tous font largement l’affaire. Ils sont pratiques sur deux points : rentrer les cartes communes à plusieurs decks afin de les échanger facilement au besoin, et tenir un petit tableau de bord de statistiques de parties. Oui, on rentre dans le très pointu, mais je vous garantis qu’une fois qu’on a commencé à tenir à jour cette petite liste, on identifie très vite les decks qui gagnent (parfois trop) et ceux qui perdent (parfois trop aussi). Ça facilite considérablement la tâche pour corriger le tir le cas échéant. Certains sites prennent ces stats en charge, mais je préfère nettement la flexibilité du tableur qui vous laisse toute latitude pour déterminer quelles statistiques vous tiennent le plus à cœur. Vous n’avez maintenant plus aucune excuse pour laisser traîner vos cartes sur la table du s… quoi mon amour ? Des cartes dans le four ? sous le lave-vaisselle ??? dans la gamelle du chat ?!? Oui je range mon amour, tout de suite mon amour…