Dans le précédent numéro de CPC Hardware, nous vous parlions de nos toutes premières expérimentations avec un SSD PCIe 5 de dernière génération, en concluant que pour savoir quels bénéfices ces derniers pourraient apporter aux joueurs, il allait falloir attendre les premiers titres prenant « réellement » en charge l’API DirectStorage. L’attente n’a pas été longue, puisque les titres en question sont finalement arrivés pas plus tard que cet été.
Console en tête.
Certes, à propos de la PS5 en particulier, on a pu vanter un SSD interne dont les débits bruts (5,5 Go/s en lecture séquentielle) étaient à l’époque dignes des SSD pour PC les plus rapides disponibles dans le commerce. L’affirmation n’a évidemment pas tenu longtemps, puisque sont très vites arrivés de nouveaux modèles encore bien plus rapides que cela. Qu’importe, la vraie force de la machine de Sony n’était en fait pas là, mais surtout dans le fait que le SSD y était accompagné de composants matériels custom ayant pour but de rendre cette vitesse brute réellement exploitable.
GPU à tout faire.
Et pour ce qui est du PC alors ? C’est là qu’entre en jeu DirectStorage, une interface de programmation intégrée dans DirectX 12 Ultimate, permettant des fonctionnalités similaires dans Windows. Similaires mais pas identiques, car il faut cette fois composer avec l’impossibilité de chambouler une architecture matérielle totalement standardisée. Les différences ne sont toutefois qu’anecdotiques, quand elles ne sont pas carrément insignifiantes. Ainsi en va-t-il de la possibilité pour le GPU d’aller piocher des données dans la mémoire système pour les copier directement sur la mémoire vidéo : le chemin n’est pas tout à fait aussi optimal que pour les consoles avec leur pool mémoire unifié, mais le CPU est toujours contourné, et cela suffit largement à refaire du SSD l’élément limitant sur toute la chaîne de transmission de données – sur le papier bien sûr.
Pour la vitesse, faut pas être pressé.
Toute cette théorie est bien jolie, mais la pratique, ça donne quoi ? Il faut tout de suite tempérer les attentes quant à la réponse à cette question. Même sur les consoles, près de trois ans après leur lancement, il n’y a encore que très peu de jeux que l’on a vus exploiter de façon concrète et tangible les nouvelles possibilités ouvertes par ces infrastructures de stockage. La réalité du développement de jeux aujourd’hui reste ce qu’elle est, avec les contraintes des développements multiplateformes ou cross-gen qui n’encouragent pas à utiliser des fonctionnalités qui ne soient pas disponibles partout. De même, des cycles de développement extrêmement longs font que les titres à forte ambition technique dont la production a été lancée assez tard, sans pouvoir intégrer profondément ces technologies, sont encore bien loin de leur achèvement. À tout cela, la seule exception remarquable est… Ratchet & Clank: Rift Apart, mais on y reviendra.
Promesses pas encore tenues.
Le cas de Ratchet & Clank est a priori bien plus intéressant, car c’est bien lui qui, dès mars 2021, s’est imposé comme le grand démonstrateur de ce que peut faire le SSD de la PS5, grâce à ses portails dimensionnels téléportant le joueur quasi instantanément d’un environnement ultra détaillé à un autre – le tout sans même passer par un écran de chargement, seulement une animation de transition longue d’à peine une seconde. Le jeu d’Insomniac Games est disponible sur PC depuis le 26 juillet 2023, par l’intermédiaire d’un portage réalisé par le studio néerlandais spécialisé Nixxes. Est-ce enfin le moment où l’on va voir des différences entre tous nos SSD de test ? La réponse est non. Que ce soit avec notre modèle PCIe 5 ou avec le SSD externe, impossible de constater une variation discernable dans la durée des transitions. Rien à faire : le seuil à partir duquel le gain de performance ne se voit plus est certes légèrement rehaussé par rapport à ce qui était habituel auparavant (sur un SSD SATA à 500 Mo/s, on voit cette fois un significatif ralentissement des chargements), mais il reste très bas.