Souvent, je regarde ma bibliothèque de JDR, ses planches qui courbent sous le poids des univers entassés, et je me dis que là, j’arrête, j’ai tout ce qu’il faut sauf trois heures de plus par jour. Et puis, sans transition, je me retrouve sur un salon à caresser une couverture, puis alpaguée par un créateur qui veut m’expliquer pourquoi son jeu est unique.

J’avoue que NOC mérite qu’on s’y intéresse : déjà, il est beau, avec son esthétique d’URSS nocturne, flocons de neige grisâtres à l’appui. On a affaire à une dystopie avec une dimension bureaucratique bien marquée. La Terre a été engloutie par un Artefact qui bloque le Soleil : bouclier, prison ou châtiment divin ? Reste que l’Administration en profite pour maintenir un état d’urgence permanent (toute ressemblance…) où la contestation est perçue comme néfaste à la survie de l’humanité. Dans ce contexte, le manuel s’attache à proposer trois « configurations », pour incarner aussi bien des dissidents que des membres des autorités, histoire de voir l’univers sous tous ses angles et avec une dimension plus ou moins horrifique. Côté système, c’est alléchant aussi. On lance autant de dés qu’on veut, matérialisant une prise de risque qui peut autant être payante que nous faire plonger vers le fatal fumble. Or, les conséquences de cet échec touchent le groupe dans son ensemble, en attirant par exemple l’attention de l’Administration sur nous. Grmpf. Je vais… Comment dit-on ? Y réfléchir, voilà, je vais y réfléchir...

Illustrations : NOC - ©2021 Sethmes Editions