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Jeu: SimpleRockets 2
Genre: clone de Kerbal Space Program
Developpeur: Jundroo, LLC (États-Unis)
Editeur: Jundroo, LLC
Plateformes dispo: PC Windows, Mac
Plateforme test: PC Windows
Config: petit PC de joueur
Langues: anglais uniquement
Telechargement: 1 Go
Sortie prevue: NC
Prix: 13 €
Drm: Steam
J'aime Kerbal Space Program d'un amour viscéral. Je le considère comme l'un des titres les plus importants de l'histoire du jeu vidéo, pour toutes les innovations qu'il a apportées, pour ses mécanismes inédits, pour sa valeur pédagogique incroyable. Il est probable qu'en 2052, lorsque nous ferons des allers-retours Terre-Mars pour aller passer des vacances à MuskCity, l'engin qui nous y emmènera aura été conçu par un ingénieur qui s'est pris de passion pour l'espace grâce à ce jeu. J'en suis arrivé à un point où, lorsque Kerbal Space Program est en solde, j'en achète quelques exemplaires pour les offrir à des gens que j'aime. Bref, je suis un fanboy complet. Alors quand j'ai vu arriver SimpleRockets 2, j'ai tout de suite pris la position d'une chatte défendant son chaton. Dos courbé, poil hérissé, queue gonflée, toutes griffes dehors, j'étais prêt à éviscérer ce clone de l'intouchable KSP. Comment osaient-ils reprendre la même interface de création de fusées ? le look de la planète de départ, des pièces détachées, et même des nodes de navigation ? Quel scandale, me disais-je, encore un jeu-photocopie craché par des développeurs sans imagination. Et puis, parce qu'il fallait quand même bien le tester, j'y ai passé une heure. Deux heures. Six heures. Et j'ai commencé à regarder SimpleRockets 2 d'un autre œil.

Le moteur physique se montre bien plus cohérent, avec des supports résistants qui évitent l'effet « pâte à modeler branlante » des fusées de Kerbal.

Non, je ne suis pas infidèle, mais...

Il faut dire une chose. J'ai beau vénérer Kerbal Space Program, je sais qu'il fut, à ses débuts, codé avec les pieds par un jeune Brésilien naïf qui n'avait jamais envisagé que son jeu connaîtrait un tel succès. Du coup, il a fallu se cogner des bugs pendant des années : son qui saute, innombrables retours Windows en plein vol, moteur physique qui disjoncte, défauts insupportables dans l'interface, frame rate chancelant... Un des développeurs ayant rejoint l'équipe en cours de route me l'a confirmé : la codebase de KSP était un bordel sans nom. Son nouvel éditeur, Take Two, a beau sortir patch sur patch (et on l'en remercie), le jeu ne sera sûrement jamais aussi bien optimisé et ergonomique qu'il aurait pu l'être s'il avait été programmé par des développeurs expérimentés dès le départ. Et c'est justement pour ça que SimpleRockets 2, passée la première étape du « beuargh, c'est juste un clone », a commencé à me faire de l'œil. Car bien que très incomplète (et c'est normal), cette version alpha dégage une impression de propre, de net, de bien pensé et de bien optimisé.

Le diable est dans les détails.

Tenez, je vous donne quelques exemples qui parleront aux ayatollahs kerbaliens. La fumée dégagée par les réacteurs de la fusée au décollage est un vrai objet 3D déformé en temps réel, bien plus réaliste que les pauvres particules de KSP. L'affichage est fluide, sans chute de frame rate inexpliquée ni micro-coupure. La lumière est reflétée par les parties métalliques. Le maniement du vaisseau est une merveille de simplicité et d'ergonomie grâce à deux roues directionnelles permettant d'indiquer facilement cap et orientation (un système hérité du premier SimpleRockets). Le moteur physique se montre bien plus cohérent, avec des supports résistants qui évitent l'effet « pâte à modeler branlante » des fusées de Kerbal. Les transitions entre les caméras sont précises. L'interface de construction gère déjà mieux que KSP le montage symétrique, les points d'attache, la customisation des pièces (tailles, textures...). Une fois en orbite, on peut régler la sensibilité des nodes de navigation, faire une « avance rapide » d'un seul clic vers le prochain burn, et même effectuer ce burn en mode automatique, avec indication du delta-V nécessaire.

Kerbal 0.2 ou Kerbal 2.0.

Alors vous me direz que ce ne sont que des détails. Mais quand on les accumule, cela donne presque l'impression de jouer à un Kerbal Space Program 2. Et c'est ce qui m'excite. Tant qu'une suite à Kerbal n'a pas été officiellement annoncée (ou que Valve ne révèle le projet pour lequel il a embauché les anciens développeurs du jeu), SimpleRockets 2 est le jeu spatial en version anticipée le plus appétissant de la boutique Steam. Attention, je ne dis pas qu'il peut dès aujourd'hui devenir Kerbal à la place de Kerbal. Niveau contenu, c'est encore la misère. Vous n'avez pour l'instant qu'une poignée de pièces détachées, aucun appareil scientifique, des planètes en chantier, des missions basiques, un mode carrière absent et aucun des 850 732 mods qui ont fait le succès de Kerbal Space Program. Mais de belles fondations sont déjà posées. Y compris la partie mods qui devrait être très proche de celle de KSP – même moteur 3D, même langage de programmation – afin que leurs auteurs puissent facilement les convertir à SimpleRockets 2. Pour l'instant, gardez vos sousous (on est vraiment sur de la version alpha au contenu minimaliste), mais comptez sur moi pour surveiller SimpleRockets 2 comme le lait sur le feu, et vous en tartiner des pages si, courant 2019 ou 2020, il parvient à me faire douter de ma dévotion aveugle à Kerbal Space Program.

En l'état

ackboo le 30 novembre 2018

| Modifié le le 25 mai 2021

SimpleRockets 2 a d'abord des allures de Kerbal Space Program du pauvre, vu la faiblesse du contenu de cette première version anticipée. Mais ne le disqualifions pas tout de suite. Bien programmé, bien optimisé, doté d'une interface propre et une multitude de petits raffinements par rapport au jeu dont il s'inspire, ce clone pose des bases solides pour devenir, avec encore quelques trimestres de travail, le Kerbal Space Program du futur.
Attendez