L'hôpital sans la charité
Arion Kurtaj, l'un des hackers à l'origine de l'attaque qui a conduit aux leaks de vidéos de GTA 6, a été lourdement puni par la justice britannique. Le jeune homme, âgé de 18 ans et souffrant d'autisme, a en effet déclaré n'avoir aucun remords et être bien décidé à reprendre ses activités illégales dès que possible, un argument qui a peu convaincu le juge. Ce dernier l'a condamné à être interné en HP pour une durée indéterminée, jusqu'à ce que le corps médical décide qu'il ne représente plus un danger pour la communauté. « HP », dans la phrase que vous venez de lire, signifiant bien sûr « hôpital psychiatrique » et non « Harry Potter », la peine consistant à imposer la lecture de l'œuvre de J. K. Rowling aux condamnés, trop cruelle, ayant en effet été abolie dans la plupart des pays de l'OCDE. LFS.
Protéger les enfants, énerver les adultes
Bon, il faut qu'on parle de l'EU Kids Act. Cette toute nouvelle proposition de loi européenne a pour vocation de protéger nos p'tits bou'd'chou des grands dangers de l'ère numérique. Par exemple : finis les réseaux sociaux ou les chatbots IA en dessous de treize ans (parfait), finis les loot boxes en dessous de 18 ans (impec'), mais aussi un contrôle plus strict dans le domaine du jeu vidéo. En pratique, cela veut dire que le petit Mattéo, douze ans, ne pourra plus simplement cliquer sur « Oui, j'ai plus de 18 ans » pour détruire son âme d'enfant sur un shoot en ligne un peu violent. Ce qui est en soi très bien, mais implique un système de vérification d'âge qui touchera aussi les adultes. Plusieurs solutions sont envisagées, dont un scan obligatoire du visage par IA ou un passeport numérique européen permettant de prouver son âge (de manière anonyme) aux plateformes comme Steam et aux éditeurs de jeu vidéo. Cela risque d'agacer beaucoup de monde. Des représentants de l'industrie, dont Video Games Europe, tirent déjà la sonnette d'alarme, rappelant qu'il existe déjà un système de classification (le PEGI) et qu'il n'y a pas besoin d'y rajouter une nouvelle couche techno-bureaucratique. L'EU Kids Act pourrait être approuvé par le Parlement européen et les États membres fin 2026 ou début 2027. A.
Les patrons du jeu vidéo sont d'excellents communiquants
Wardogs cartonne. Des millions d'exemplaires vendus en quelques jours. Mais au lieu de compter ses lingots d'or, Joe Brammer, patron de Bulkhead, a ouvert sa grande bouche. Dans le Game Business Show, il a notamment avoué que son studio scanne les réseaux sociaux de ses potentielles recrues pour éliminer toutes celles qui s'expriment contre le crunch, allégrement pratiqué sur Wardogs. « On leur dit qu'ils ne vont pas être heureux chez nous, et on ne les embauche pas », a-t-il avoué en toute détente. Il doit être si fier d'être un patron d'élite. Après s'être fait écharper par tout Internet, il a furieusement rétropédalé chez Eurogamer, expliquant en gros que ses propos ont été mal interprétés, qu'il a proposé la semaine de quatre jours à ses employés, que le crunch est « optionnel » et que Bulkhead, vous savez, c'est avant tout une grande famille. Dernièrement, on l'aurait vu en train d'installer en panique une table de ping-pong et un baby-foot au milieu de l'open space. A.
À l'est, rien Denuvo
Tout le monde connaît la célèbre et controversée protection antipiratage Denuvo. Jusqu'à un passé récent, les jeux intégrant cette technologie mettaient souvent plusieurs mois, voire plusieurs années avant d'être « crackés » par les pirates. Cela l'a rendu très populaire chez les gros éditeurs, beaucoup moins chez les consommateurs, qui lui reprochent de bouffer des cycles CPU et donc de dégrader les performances. Courant 2026, le pirate voices38 a mis au point une technique permettant de contourner rapidement la protection. Denuvo a d'abord minimisé l'affaire en déclarant que « tkt, on gère, on va boucher les trous », ce à quoi voices38 a répondu en déplombant pas moins de cinq jeux d'affilée début septembre. Résultat, pour la première fois de son histoire, Denuvo porte plainte devant la justice californienne afin d'obtenir, entre autres, les logs Reddit, Discord et Steam qui permettraient d'identifier voices38. Celui-ci a répondu dans un commentaire Reddit : « Tout va bien. Tout va continuer normalement ». Probablement parce qu'il ne risque rien dans le lointain pays où il se trouve. A.
Alignement, désastre
Avoir des ambitions, c'est bien. Avoir l'ambition de faire un nouveau GTA sans se planter lamentablement en sortant un jeu dans un état catastrophique où chaque pixel semble lutter pour exister à l'écran, c'est mieux. Build a Rocket Boy, le studio écossais à l'origine de la catastrophe industrielle MindsEye (qui avait, pour rappel, donné envie à Noddus de faire appel aux agents de Men in Black pour lui faire oublier ses douze heures laborieuses passées sur le jeu), s'apprête à fermer ses portes. C'était malheureusement prévisible, après plusieurs vagues de licenciements et près de 400 postes supprimés depuis la sortie du jeu, nous rappelle le site Kotaku. ER.
Paradox en mode Mad Max
Paradox vient d'annoncer un nouveau projet développé par l'un de ses studios internes. Évidemment, il s'agira d'un jeu de stratégie, dans la grande tradition suédoise, mais sans un vrai background historique comme Crusader Kings 3, Hearts of Iron IV et Europa Universalis 5. Afterworld se déroulera en effet dans une Amérique du Nord post-apocalyptique, dans laquelle il faudra rebâtir un semblant de civilisation. Peu d'infos pour l'instant, si ce n'est une poignée de photos d'écran qui nous indiquent que le style Paradox – une grande carte lézardée de frontières et de gros menus pleins de chiffres sur la gauche de l'écran – sera respecté. L'éditeur suédois nous sort son laïus habituel : ce sera une simulation profonde et complexe, tout en étant plus accessible que ses jeux historiques hardcore. Ils nous avaient dit la même chose pour Stellaris il y a une dizaine d'années, et ils s'en étaient plutôt bien sortis. A.
Le prochain Starcraft ne sera pas un STR, mais cela ne veut pas dire que Blizzard abandonne le genre. Six ans après la sortie de Warcraft III Reforged (lui-même sorti 18 ans après le jeu original), le studio américain lance Forsaken Kingdom, une nouvelle campagne de trente heures. Pour trente euros. Oui, quand même. A.
Quand le marché des cartes graphiques s'autorégule
Je pensais que nous, petit peuple du jeu vidéo, étions unis et solidaires dans la souffrance. Que nous allions nous révolter et boycotter l'achat de cartes graphiques jusqu'à ce que les prix redescendent à un niveau convenable. Ah ah, Nvidia, qu'est-ce que tu vas faire si plus personne n'achète tes RTX machin-truc à 1600 balles ? En fait, Nvidia s'en cogne, car sur le second trimestre de 2026, les ventes de cartes graphiques pour PC de bureau n'ont jamais été aussi bonnes depuis quatre ans. C'est en tout cas ce que le cabinet Jon Peddie Research affirme, en précisant que Nvidia a fourni 90% des 12 millions de GPU écoulés sur cette période. Raison invoquée : les gamers anxieux (et, à n'en point douter, des tonnes d'AI bros qui veulent leur LLM local) se ruent sur ces produits, car ils craignent de nouvelles augmentations de prix dans les prochains mois. Le plus déprimant, c'est qu'ils ont probablement raison. A.
Un nouveau Starcraft avant Half-Life 3 ?
Dans mon dernier TED Talk devant les plus grands CEO du jeu vidéo, je les implorais de ne plus faire d'annonce prématurée. Sinon, leur expliquai-je, les consommateurs ont le temps de se faire des films dans leur tête, de fantasmer pendant des années, et ils risquent d'être un peu déçus lorsque le produit final arrive sur leur écran. Le patron de Blizzard a noté ce judicieux conseil sur un petit bout de papier, s'est torché avec, puis annonce un nouveau Starcraft pour... 2030. Donc 2032, à cause du virus développé par l'IA qui paralysera le monde entier entre 2027 et 2029. Starcraft Dominion ne sera pas un STR (le genre n'est plus vraiment à la mode), mais un jeu de shoot multijoueur « narratif » en monde ouvert, dévoilé dans une bande-annonce qui ne montre pas une seule seconde de gameplay, comme toujours chez Blizzard. Allez, c'est parti pour une bonne demi-décennie de rumeurs, de leaks et de rêves brisés. A.
Xbox mise tout sur le Physint
Gros mercato chez les consoliers : Physint, le futur jeu d'espionnage d'Hideo Kojima, dont on ne savait pas grand-chose si ce n'est qu'il s'agit du futur jeu d'espionnage d'Hideo Kojima, ne sera finalement pas édité par Sony. Selon un article de Bloomberg, l'éditeur n'aurait pas été convaincu par les ventes de Death Stranding, et aurait préféré se retirer pour des raisons de budget et d'inquiétudes quant à des deadlines manquées. Xbox, qui prévoit déjà d'éditer le survival horror OD, a depuis récupéré le projet – et j'envoie plein de force à toutes les personnes qui ont perdu leur emploi récemment et assistent désormais à ce deal, que je ne peux qu'imaginer juteux et financé par de l'argent magique. ER.
The Blood of Dawnwalker est un carton plein, avec plus d'un million d'exemplaires écoulés en l'espace de trois jours. Avant même que l'équipe de développement n'ait le temps de dire ouf, le directeur narratif Jakub Szamałek a déjà annoncé plancher sur la suite. ER.
Remake a Wish
Nintendo vient de donner des nouvelles du très attendu remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time : dans la bande-annonce, on voit des paysages très jolis se succéder sur une musique apaisante, Link adulte en train de galoper à travers champ, plonger dans des eaux azurées, taper la discute avec l'arbre Mojo et combattre des créatures dans un donjon, jusqu'à ce que ne survienne une vision cauchemardesque : un gros plan sur le visage de Link enfant, qui, dans un audacieux choix de character design, ressemble à la fois à un tableau de Francisque Poulbot et à un bébé photographié par Anne Geddes. « C'est laid, mais je vais quand même y jouer », nous a rapporté notre grand reporter Kocobé, qui a donc prévu de se cramer la rétine le 5 novembre prochain. ER.
After the Wane, le prochain jeu du studio bordelais Nova-box, vient tout juste d'avoir une date de sortie : c'est prévu pour le 10 novembre prochain, et la démo est toujours disponible sur Steam si vous voulez vous faire une idée. ER.
À plus dans Bus Driver
Tout juste repassé indépendant depuis sa séparation forcée avec Xbox, le studio Double Fine vient d'annoncer son prochain titre : ça s'appelle Thank You Bus Driver (j'adore déjà le titre, j'espère que vous faites aussi partie de ces personnes qui remercient systématiquement le conducteur au moment de descendre à votre arrêt), et vous y incarnez un chauffeur de bus qui doit faire respecter différentes règles à chaque trajet. La bande-annonce nous montre, par exemple, un périple vers un silo à grains où le coupage d'ongles de pied et les coups de fil sont strictement prohibés. Ça a l'air foutraque à souhait, et je suis très curieuse d'incarner ce chauffeur qui dispose d'une interprétation toute personnelle du code de la route, mais aussi d'un bras élastique qui lui permet de gifler violemment les usagers qui iraient à l'encontre de son autorité. ER.