Quand c'est Neom, c'est Neom
Bon, je ne vais pas jeter – trop fort – la pierre sur Riot Games, puisque j'ai dû lire quelques articles afin de comprendre pourquoi son rapprochement avec la ville de Neom venait de mettre le feu aux internets. Or, si je ne suis qu'un humble messager de la vérité sponsorisé par les dieux du mensongeNote : 1, il faut tout de même avouer que mon métier ne consiste pas à vérifier qui veut nous sponsoriser et pourquoi. Recherchant un partenaire pour sa prochaine sauterie compétitive sur League of Legends, Riot a donc annoncé que Neom, une future ville de l'Arabie saoudite, serait prête à les soutenir à cette occasion. Oui, la même ville dont les terres ont apparemment été récupérées dans le sang des habitants locaux, ainsi que le même pays connu pour son profond respect des droits de l'homme. Naturellement, Riot a tout annulé en moins de 24 heures, avant d'expliquer qu'une poignée de mails restés sans réponse avaient été perçus comme un accord tacite de la hiérarchie. Pro. J'ai pas d'autre mot.
Note 1 : C'est un bordel le métier de journaliste en 2020, vous n'imaginez même pas.
Paradox en mode Mad Max
Paradox vient d'annoncer un nouveau projet développé par l'un de ses studios internes. Évidemment, il s'agira d'un jeu de stratégie, dans la grande tradition suédoise, mais sans un vrai background historique comme Crusader Kings 3, Hearts of Iron IV et Europa Universalis 5. Afterworld se déroulera en effet dans une Amérique du Nord post-apocalyptique, dans laquelle il faudra rebâtir un semblant de civilisation. Peu d'infos pour l'instant, si ce n'est une poignée de photos d'écran qui nous indique que le style Paradox – une grande carte lézardée de frontières et de gros menus pleins de chiffres sur la gauche de l'écran – sera respecté. L'éditeur suédois nous sort son laïus habituel : ce sera une simulation profonde et complexe, tout en étant plus accessible que ses jeux historiques hardcore. Il nous avait dit la même chose pour Stellaris il y a une dizaine d'années, et ils s'en étaient plutôt bien sortis. A.
Le prochain Starcraft ne sera pas un STR, mais cela ne veut pas dire que Blizzard abandonne le genre. Six ans après la sortie de Warcraft III Reforged (lui-même sorti 18 ans après le jeu original), le studio américain lance Forsaken Kingdom, une nouvelle campagne de trente heures. Pour trente euros. Oui, quand même. A.
Quand le marché des cartes graphiques s'autorégule
Je pensais que nous, petit peuple du jeu vidéo, étions unis et solidaires dans la souffrance. Que nous allions nous révolter et boycotter l'achat de cartes graphiques jusqu'à ce que les prix redescendent à un niveau convenable. Ah ah, Nvidia, qu'est-ce que tu vas faire si plus personne n'achète tes RTX machin-truc à 1600 balles ? En fait, Nvidia s'en cogne, car sur le second trimestre de 2026, les ventes de cartes graphiques pour PC de bureau n'ont jamais été aussi bonnes depuis quatre ans. C'est en tout cas ce que le cabinet Jon Peddie Research affirme, en précisant que Nvidia a fourni 90% des 12 millions de GPU écoulés sur cette période. Raison invoquée : les gamers anxieux (et, à n'en point douter, des tonnes d'AI bros qui veulent leur LLM local) se ruent sur ces produits, car ils craignent de nouvelles augmentations de prix dans les prochains mois. Le plus déprimant, c'est qu'ils ont probablement raison. A.
Un nouveau Starcraft avant Half-Life 3 ?
Dans mon dernier TED Talk devant les plus grands CEO du jeu vidéo, je les implorais de ne plus faire d'annonce prématurée. Sinon, leur expliquai-je, les consommateurs ont le temps de se faire des films dans leur tête, de fantasmer pendant des années, et ils risquent d'être un peu déçus lorsque le produit final arrive sur leur écran. Le patron de Blizzard a noté ce judicieux conseil sur un petit bout de papier, s'est torché avec, puis annonce un nouveau Starcraft pour... 2030. Donc 2032, à cause du virus développé par l'IA qui paralysera le monde entier entre 2027 et 2029. Starcraft Dominion ne sera pas un STR (le genre n'est plus vraiment à la mode), mais un jeu de shoot multijoueur « narratif » en monde ouvert, dévoilé dans une bande-annonce qui ne montre pas une seule seconde de gameplay, comme toujours chez Blizzard. Allez, c'est parti pour une bonne demi-décennie de rumeurs, de leaks et de rêves brisés. A.
Xbox mise tout sur le Physint
Gros mercato chez les consoliers : Physint, le futur jeu d'espionnage d'Hideo Kojima, dont on ne savait pas grand-chose si ce n'est qu'il s'agit du futur jeu d'espionnage d'Hideo Kojima, ne sera finalement pas édité par Sony. Selon un article de Bloomberg, l'éditeur n'aurait pas été convaincu par les ventes de Death Stranding, et aurait préféré se retirer pour des raisons de budget et d'inquiétudes quant à des deadlines manquées. Xbox, qui prévoit déjà d'éditer le survival horror OD, a depuis récupéré le projet – et j'envoie plein de force à toutes les personnes qui ont perdu leur emploi récemment et assistent désormais à ce deal, que je ne peux qu'imaginer juteux et financé par de l'argent magique. ER.
The Blood of Dawnwalker est un carton plein, avec plus d'un million d'exemplaires écoulés en l'espace de trois jours. Avant même que l'équipe de développement n'ait le temps de dire ouf, le directeur narratif Jakub Szamałek a déjà annoncé plancher sur la suite. ER.
Remake a Wish
Nintendo vient de donner des nouvelles du très attendu remake de The Legend of Zelda : Ocarina of Time : dans la bande-annonce, on voit des paysages très jolis se succéder sur une musique apaisante, Link adulte en train de galoper à travers champ, plonger dans des eaux azurées, taper la discute avec l'arbre Mojo et combattre des créatures dans un donjon, jusqu'à ce que ne survienne une vision cauchemardesque : un gros plan sur le visage de Link enfant, qui, dans un audacieux choix de character design, ressemble à la fois à un tableau de Francisque Poulbot et à un bébé photographié par Anne Geddes. « C'est laid, mais je vais quand même y jouer », nous a rapporté notre grand reporter Kocobé, qui a donc prévu de se cramer la rétine le 5 novembre prochain. ER.
After the Wane, le prochain jeu du studio bordelais Nova-box, vient tout juste d'avoir une date de sortie : c'est prévu pour le 10 novembre prochain, et la démo est toujours disponible sur Steam si vous voulez vous faire une idée. ER.
À plus dans le bus
Tout juste repassé indépendant depuis sa séparation forcée avec Xbox, le studio Double Fine vient d'annoncer son prochain titre : ça s'appelle Thank You Bus Driver (j'adore déjà le titre, j'espère que vous faites aussi partie de ces personnes qui remercient systématiquement le conducteur au moment de descendre à votre arrêt), et vous y incarnez un chauffeur de bus qui doit faire respecter différentes règles à chaque trajet. La bande-annonce nous montre, par exemple, un périple vers un silo à grains où le coupage d'ongles de pied et les coups de fil sont strictement prohibés. Ça a l'air foutraque à souhait, et je suis très curieuse d'incarner ce chauffeur qui dispose d'une interprétation toute personnelle du code de la route, mais aussi d'un bras élastique qui lui permet de gifler violemment les usagers qui iraient à l'encontre de son autorité. ER.
Microsoft instaure un plafond d'heures mensuelles pour le Cloud Gaming du Game Pass et facturera le reste à l'heure. Pas de panique, assure le géant : cela ne toucherait que 4 % des joueurs. Bref, si vous rentabilisez un peu trop votre abonnement en jouant beaucoup en Cloud, vous repasserez à la caisse. Remercier les clients fidèles, c'est important. P.
KKK d'école
La Maison-Blanche vient d'atteindre un niveau supplémentaire de cynisme politique (si si, c'est encore possible) en publiant deux jeux rétro sur son site officiel. Le premier, un clone de Snake, vous glisse dans la peau de Tom Homan pour rafler un max d'immigrés le long du Rio Grande et les expulser. Le second, un pastiche de Tetris intitulé « Protégez la frontière », vous demande d'empiler des briques pour bloquer « la horde ». Transformer deux monuments de l'histoire du jeu vidéo en outils de propagande racoleuse et facho, c'est un concept. On attend avec impatience leur prochain titre : un Paperboy où l'on jette des avis d'expulsion. Monde de merde... P.
Nexon prépare le terran
Selon le quotidien coréen Chosun, Nexon (le studio d'Arc Raiders) serait sur le point de signer avec Blizzard pour développer un nouveau StarCraft. Un « contrat proche d'être finalisé », chuchote un « responsable senior » resté anonyme, comme d'habitude. Vingt-huit ans après sa sortie, StarCraft squatte toujours le top 10 des jeux les plus joués dans les PC bang coréens, ces temples des LAN qui refusent de mourir. De quoi donner des idées à n'importe quel éditeur en manque de licence increvable. Petit bémol qui pique : le boss de Nexon, Junghun Lee, est aussi celui qui a déclaré qu'il fallait « supposer que tout le monde utilise l'IA générative » en développement. Reste à savoir si Blizzard glissera une clause anti-IA dans le contrat, histoire d'éviter l'émeute chez les fans. Pendant ce temps, Blizzard planche discrètement sur son propre spin-off StarCraft, un FPS en monde ouvert dont on pourrait apercevoir un bout à la BlizzCon. Deux StarCraft en 2026, cela n'était pas sur mon bingo. P.
Un rachat dans le visage
SteamDB, le site que la moitié de la rédac' rafraîchit plus souvent que ses mails, change de mains. Son créateur solitaire, xPaw, a filé les clés à Nexus Mods, plateforme reine du mod qui promet de garder « le nom, la marque, la communauté ». Traduction : on va monétiser tout ça, mais sans changer la déco trop vite. En cause : « la charge mentale » d'un site géré seul pendant des années, et un bon vieux coup de blues. « Après le Covid et avec la montée de l'IA, l'Internet qu'on aimait a disparu, et ma passion avec », confie le développeur, dans ce qui restera comme le post LinkedIn le plus déprimant de la rentrée. Nexus, lui, lorgne surtout les archives de SteamDB, une quantité incroyable d'informations sur les versions de jeux, les dépôts, les manifestes, les fichiers et l'historique des mises à jour, vitales pour réparer les mods qui claquent à chaque update. Bilan : encore un bout du bon vieux web indé qui passe sous pavillon corporate. P.