Cela fait quelques jeux que Naughty Dog joue avec la « dissonance ludonarrative » (quand les liens entre narration et gameplay se distendent ou sont carrément explosés, par exemple qu’on doit tuer 3 000 soldats professionnels pour récupérer cinq pièces d’or dans un Uncharted), et le studio continue de le faire dans la présentation E3 de The Last of Us Part 2. Ellie, cinq ans après le premier jeu, y est désormais à la fois une jeune femme timide et touchante qui se fait embrasser par sa copine pendant un slow au bal et une prédatrice couverte de sang qui tue toute une patrouille sans la moindre hésitation (et dont les aptitudes ont beaucoup changé depuis l’épisode précédent : elle peut désormais sauter, esquiver, s’allonger et ramper, prendre un bouclier humain... autant de nouveautés qui rendent l’infiltration plus fine et les combats plus dynamiques). Histoire de compliquer encore l’affaire, de rajouter un peu de tension, les ennemis s’appellent entre eux par leur prénom mais donnent un surnom animal (« Wolf », la louve) à Ellie, la déshumanisant encore davantage. La démo (officiellement jouable, mais seulement par des développeurs, le petit peuple n’avait pas le droit d’y toucher) était impressionnante, mais laissait beaucoup de questions en suspens. Que devient Joel, le bourru et barbu compagnon d’infortune d’Ellie dans le premier volet ? Et où sont les infectés ? Pourquoi massacre-t-on des humains ? Et ça tourne vraiment sur PS4 ce machin ? Réponses pas avant l’an prochain.