Début 2018, la crise de Presstalis et ses conséquences avaient quasiment monopolisé mon attention (pas moins de quatre chroniques en six numéros) et pour cause : ce n’était rien moins que l’existence de Canard PC qui était menacée, jusqu’à ce que le succès de notre campagne Ulule nous permette de respirer. Mon scepticisme était total concernant le plan de sauvetage de Presstalis et la basse cuisine qu’on nous préparait en guise de réforme de la distribution. La situation en 2019 tendrait plutôt à me donner raison : malgré les dizaines de millions d’euros reçus et les beaux discours, Presstalis était encore en manque de trésorerie en décembre 2018, un an jour pour jour après sa presque-faillite. Il y a néanmoins un point sur lequel j’étais exagérément défaitiste : les 25 % de nos revenus bloqués en décembre 2017 et janvier 2018 ; ils nous ont finalement été rendus, six mois plus tard. Nous en avions fait part lors de notre campagne Ulule. Aujourd’hui nos deux magazines sont distribués par la messagerie MLP, et Presse Non-Stop a rejoint un groupe actif d’éditeurs indépendants (le SAEP) décidés à empêcher que les âneries qui ont présidé au sauvetage de Presstalis n’emportent un jour toute la filière dans sa chute.