C’est le site américain Polygon qui a réalisé l’enquête révélant l’ampleur du crunch chez Epic Games concernant Fortnite. À travers l’article, on retrouve les composantes communes à chacune de ces histoires, telles que nous les avions rapportées dans notre série « Crunch Investigation » de 2018 en France. Des témoins qui veulent tous être cités de façon anonyme, de peur de se griller dans le studio ou plus généralement dans l’industrie. Des horaires déments rendant les semaines interminables, comme pour ce témoin qui a dû souvent rester au boulot jusqu’à trois ou quatre heures du matin : « Je faisais des journées d’au moins douze heures, sept jours sur sept, pendant au moins quatre ou cinq mois. » Un décalage profond entre le discours officiel (les heures supplémentaires ne sont pas obligatoires, les employés peuvent prendre des congés quand ils veulent) et les conditions effectives de travail, où les règles implicites sont parfaitement claires pour tout le monde : le crunch est une composante obligatoire du métier y compris et surtout pour les contractuels, qui ne seront pas renouvelés sinon.