Ça fait près de dix ans que Requiem pour un massacre traîne dans un dossier rempli de films que je suis censée regarder « un jour ». À mesure que le dossier se vidait et se remplissait d’autres films à voir, que mes ordinateurs et disques durs rendaient l’âme, le fichier .mp4 de Requiem pour un massacre restait là, dans toute sa froideur soviétique. Il y a une raison assez simple à cela. J’aime regarder les films selon mon humeur du moment, qu’importe leur qualité. Et si je peux facilement être d’humeur à voir, par exemple, un groupe d’anciens criminels déplacer des camions remplis de nitroglycérine à travers la jungle sud-américaine (Le Convoi de la peur, 1977), une Plymouth Fury rouge tuer toutes les personnes qui cherchent à la séparer de son propriétaire (Christine, 1983) ou encore des jeunes adultes mourir dans d’atroces souffrances lors d’une expédition spéléologique (The Descent, 2006), je me sens très rarement d’humeur à regarder des enfants biélorusses se frayer un chemin dans le chaos de la guerre. C’est comme ça, il y a des choses qu’on n’a pas envie de s’imposer un dimanche soir. Aujourd’hui, j’ai enfin décidé de regarder Requiem pour un massacre, et j’ai compris pourquoi j’avais décidé de me le procurer il y a si longtemps – c’est un chef-d’œuvre de film de guerre, aussi glaçant et magnifique qu’on me l’avait promis. Rendez-vous service et prenez le temps de regarder les classiques qui croupissent dans vos dossiers de films à voir. Peut-être que dans dix ans, je regarderai enfin Casablanca.