Eh vous, oui vous là, avec vos milliards de requêtes Google et autres par jour, qui polluent plus que le trafic aérien, vous n'avez pas honte de votre cerveau ? Celui qui vous demande toujours plus : plus de nourriture, de sexe, de statut social, d'information... et qui est le sujet de l'excellent livre de Sébastien Bohler. Aujourd'hui, tous nos besoins, vitaux comme artificiels, sont pleinement comblés, en particulier grâce à Internet. Pourtant, les réseaux du Web sont comme de grosses artères bourrées de cholestérol qui sillonnent les sols de la Terre et finiront par lui filer un AVC, vous comprenez. Et pourquoi nous, toi, moi, ne pouvons nous empêcher de consommer de tout, même en sachant que c'est mauvais pour la planète ? Eh bien, notre cerveau n'a jamais appris à s'arrêter, depuis la nuit des temps. Le principe de l'illimité, couplé à la « loi du moindre effort » facilitée par le progrès et bien sûr au plaisir qu'il apporte, est donc un véritable Graal pour ce réservoir à dopamine qu'est notre cerveau. Bref, ce qui a fait le succès même de notre espèce, notre évolution, grâce à notre intelligence et notre capacité à satisfaire tous nos besoins (voire plus), est précisément ce qui est en train de nous mener vers l'extinction. Notre cerveau primaire n'a pas changé ; la quantité de bouffe, l'accès au sexe, les moyens de dominer ou d'étancher sa curiosité, SI ! Résultat : l'impact environnemental indirect de ce tout-illimité est colossal. Mais bon, difficile de changer les habitudes de la Terre entière, quand on sait qu'il y a encore des gens qui croient que la Terre est plate. Et non seulement nous ne sommes pas prêts à renoncer à nos envies si notre voisin ne le fait pas, mais si c'est notre « voisin des prochaines générations », alors là... La solution ? Encourager, mais surtout valoriser les comportements écologiques, afin qu'ils deviennent une norme ou un référent par émulation dans la société. Bon, c'est triste à dire mais vous allez me répondre : « Yolo, cause toujours ! » (et c'est ce que je pense aussi, quelque part...). Pourtant, je vous enjoins mille fois à savourer cette mine d'informations qu'est Le Bug humain, un livre passionnant dont on dit d'ailleurs que le climatosceptique Donald Trump en aurait racheté la totalité des exemplaires pour faire un grand autodafé en Australie.