On était nombreux à l’attendre, World of Horror, dont la conception pourrait presque faire l’objet d’un fait divers : « Un dentiste polonais crée un jeu d’horreur cosmique sur MS Paint, qui mêle les univers de Junji Itō et de HP Lovecraft. » Comme dans Spirale, l’une des meilleures œuvres d’Itō, son histoire commence dans une petite ville côtière japonaise. Nous sommes à Shiokawa dans les années 1980, des gens encapuchonnés se rassemblent à la nuit tombée et la fin du monde semble imminente, alors que des dieux anciens semblent tout juste se réveiller d’une grosse sieste. L’esthétique générale, qui évoque les heures les plus sombres de MS-DOS, est particulièrement réussie. Avec des amas de pixels disséminés çà et là et différentes palettes de couleur, le développeur panstasz instaure une vraie ambiance, que ce soit lorsqu’il représente des salles de classe abandonnées, un hôpital désert ou une bibliothèque regorgeant de livres poussiéreux. Et c’est aussi des contraintes de Paint que découle l’une des forces de World of Horror : alors qu’on ne dispose que de quelques vignettes et lignes de texte pour visualiser certaines scènes, le jeu est aussi très efficace dans ce qu’il ne montre pas, laissant notre imagination faire le reste.