Devs n'est pas parfait. Vous n'échapperez pas à des dialogues d'exposition lourdingues, à du bullshit quantique à la noix, à de la métaphysique de comptoir. Mais heureusement, Alex Garland (créateur de cette mini-série, à qui l'on doit 28 jours plus tard, l'excellent Annihilation et le sous-estimé Sunshine) ne fait pas qu'écrire. Le plus souvent, il montre. Et dans ces moments, Devs est exceptionnel. Le rythme, très lent, nous laisse peu à peu découvrir le terrible secret que cache la division Devs, section « recherche et développement » d'Amaya, une start-up californienne d'informatique quantique. Sans s'en rendre compte, en l'espace de huit épisodes, on passe de la curiosité à la fascination, du thriller à la SF. Admirablement filmé et joué (Forest et Katie, les deux têtes du projet Devs, semblent déjà ailleurs, comme s'ils en savaient trop pour vivre encore parmi les hommes). Et tant pis si la fin, à l'instar de celle de Sunshine, s'avère très décevante, comme si l'ambition de Garland était condamnée à dépasser son talent : au moins, il en a. La plupart des showrunners ne peuvent en dire autant.