Certes, Liberated est beau. La direction artistique est magnifique, le style comic book marche à merveille, l'idée de faire se dérouler l'action dans les cases de la BD elle-même, sans être inédite, est excellente. Le look de film noir, parfaitement adapté au pessimisme de cet univers où la surveillance des citoyens est généralisée, évoque un épisode de Black Mirror réalisé par Frank MillerNote : 1. Malheureusement, comme me l'a appris le visionnage en boucle des 92 épisodes des Ch'tis vs les Marseillais, la beauté ne fait pas tout. Et sur le fond, Liberated semble être un jeu d'action/infiltration assez banal, très dirigiste, ni très précis dans ses combats ni très riche dans ses séquences de plateforme, suite de petites zones sans inventivité autre que visuelle. On semble loin du génie du Comix Zone de 1995 qui utilisait les bords de cases et autres éléments graphiques propres aux comics comme autant de mécanismes de gameplay. Mais bon, ne jetons pas le special issue à 90 cents avant de l'avoir lu et attendons la sortie, qui ne devrait plus tarder, pour rendre un verdict définitif.

Note 1 : Bien sûr, si Frank Miller tournait vraiment un Black Mirror, ce serait l'histoire d'un monde où le transhumanisme a transformé l'entièreté de la population en jeunes éphèbes blancs bodybuildés et ultraviolents, mais c'est un autre problème.