Dans Dual Powers, en revanche, je peux tenir exactement ce genre de propos. Le jeu consiste à poser des unités (bolcheviks révolutionnaires pour un joueur, armée blanche fidèle au tsar pour l’autre) afin de contrôler les différents quartiers de Petrograd pendant la guerre civile russe de 1917. La partie est divisée en rounds où chacun joue tour à tour les cartes de son deck pour invoquer de simples soldats ou des héros, comme Staline ou le prince Lvov. Là où ça devient intéressant, c’est qu’à chaque round les joueurs choisissent secrètement le quartier qu’ils doivent contrôler ; on se retrouve donc toujours à essayer de deviner ce que l’adversaire essaie de protéger selon les endroits où il masse ses unités. Pas simple, d’abord parce qu’on peut toujours bluffer et ensuite parce qu’un autre quartier, celui de l’émeute qui se déplace à chaque round, fait office d’objectif commun. La bonne ville de Petrograd est donc le théâtre d’un beau bordel, avec des forces révolutionnaires et contre-révolutionnaires partout, mais le jeu reste toujours lisible, surtout parce que ses combats se résolvent en deux secondes (deux unités adverses de la même puissance s’annulent, un point c’est tout).