Malgré mon appétit pour les fictions horrifiques qui ont trait à l’espace (quoi de mieux que le vide intersidéral du cosmos pour se rappeler l’insignifiance de notre espèce ?), j’accuse d’une méconnaissance tragique en matière de science-fiction russe. Récemment, j’ai eu le plaisir de me rattraper un peu avec le film Sputnik, qui se déroule au beau milieu de la guerre froide, alors qu’un cavalier kazakh tombe sur l’épave encore fumante d’un vaisseau spatial. L’un des deux cosmonautes qui s’y trouvait est mort – l’autre, Konstantin, semble avoir perdu partiellement la mémoire. Pour comprendre ce qui a pu se passer, des militaires font venir Tatyana, une psychologue qui va enquêter sur les faits et étudier le comportement de Konstantin, avant de découvrir qu’il abrite une forme de parasite extraterrestre. Le scénario confine parfois à la caricature (surprise, on y trouve un colonel soviétique qui veut tout faire pour ne pas entacher le récit immaculé de son héros national), la bande originale semble tirée de ces films catastrophes hollywoodiens qui impliquent constamment un enfant asthmatique, et la dernière scène est franchement superflue. Mais dans son ensemble, le film est très prenant et bien réalisé, en plus de proposer l’une des créatures extraterrestres les plus intéressantes de ces dernières années – ainsi qu’une vraie réflexion sur l’espèce humaine (et sa potentielle insignifiance, forcément).