| Modifié le le 21 juin 2021
En général, lorsque nous vous parlons de GPU, nous détaillons surtout la carte elle-même, la configuration de sa puce, la vitesse de sa mémoire vidéo, sa consommation, ses performances et éventuellement son design. Mais il y a un aspect que nous vous montrons rarement, c’est son emballage – le packaging, comme disent les pros.
Sapphire Radeon 9800 XT
Nous préférons vous prévenir tout de suite, Sapphire est une marque qui va revenir souvent dans ces pages, tout simplement à cause de leur goût prononcé pour les boîtes de cartes graphiques extravagantes (et le métal liquide, visiblement). À vrai dire, si nous le voulions, nous pourrions vous préparer un dossier au moins deux fois plus long, exclusivement dédié aux illustrations qui ornent les boîtes de ses GPU à base d’extraterrestres, de robots et de jeunes filles en petite tenue. Car oui, le mauvais goût dans le monde du jeu vidéo sur PC ne date pas d’hier. Ici, donc, il s’agit de la Radeon 9800 XT, une carte haut de gamme lors de sa sortie en 2003, qui embarque un GPU R360 sur l’architecture Rage 9. Elle tourne à 412 MHz et est équipée de 256 Mo de mémoire DDR cadencée à 365 MHz sur un bus 256 bits. Mais assez parlé de la carte, admirez-moi ce magnifique alien en métal liquide, levant les mains d’une manière qui semble indiquer que même lui ne comprend pas bien ce qu’il fait sur la boîte. Avec un effet de réflexion qui ferait frémir les plus puissants GPU capables de ray tracing.
Creative Blaster 5 FX 5600 Ultra
Vous vous souvenez de Dawn ? Mais si, la mascotte de nVidia au début des années 2000, la fée en petite tenue ! nVidia, comme beaucoup d’autres fabricants de composants pour PC de l’époque, avait bien compris que sa principale cible était les jeunes hommes, et avait donc trouvé un moyen imparable pour leur vendre du matériel : des jeunes femmes, généralement habillées le moins possible. Dawn fut la première d’une série démarrée en 2003, suivie plus tard par Nalu (une sirène) et Medusa (une gorgone). Vous pouvez toujours aller fouiller Google si vous voulez vous rincer l’œil, ou simplement admirer l’emballage de cette superbe GeForce FX 5600 Ultra de chez Creative. Nous y trouvons donc un GPU NV31 sur l’architecture Rankine. Il fonctionne à une fréquence de 400 MHz et est accompagné de 128 Mo de DDR à 400 MHz sur un bus 128 bits. Sortie en 2003, elle fait partie de la gamme FX, de sinistre mémoire pour nVidia. Concernant Dawn, la marque l’a fait revenir dans une nouvelle démo technique en 2012 (subtilement baptisée « A New Dawn »), mais en 2020, la marque a décidé de retirer toutes les mentions et images de ses précédentes muses de son site…
Hercules 3D Prophet 9500 Pro
C’est fascinant de s’imaginer les commerciaux d’une entreprise fabricant des cartes graphiques dans les années 2000 s’asseoir autour d’une table pour préparer la vente de leur produit. Si l’on en croit le design de la boîte de cette 3D Prophet 9500 Pro signée Hercules, le gamer standard ne se lave pas les dents mais aime le montrer avec un sourire digne du Joker. Il porte également d’étranges tatouages sur la peau bleue de son visage et souffre d’une terrible conjonctivite, probablement le résultat d’un écran affichant les fabuleux graphismes de cette Radeon 9500 Pro. Cette carte, sortie fin 2002, fait partie de la génération précédant la 9800 XT dont nous parlions juste avant. Elle embarquait donc un GPU R300 sur l’architecture Rage 8, était cadencée à 275 MHz et tournait avec 128 Mo de DDR à 270 MHz sur un bus 128 bits. Elle se plaçait ainsi entre le milieu et le haut de gamme. Enfin, Hercules étant une division des Français de Guillemot, peut-être que c’est réellement à cela que ressemblaient les joueurs bretons en 2002 ; on a quand même un doute, mais allez savoir.
Number Nine Revolution IV
Ah… les années 1990 ! Les films d’action, la musique qui a si mal vieilli, et cette obsession omniprésente pour la 3D ! On en mettait partout : à la TV, sur les affiches, dans les jeux vidéo et forcément, sur les boîtes de cartes graphiques dédiées aux jeux vidéo, peu importe si c’est moche. Et comme vous pouvez le voir, la 3D était loin d’être belle à l’époque, regardez un peu cette superbe illustration qui tente de nous vendre la Revolution IV, une carte accélératrice 3D sortie en 1998 par le fabricant américain Number Nine Visual Technology. Elle embarque un GPU maison, le T2R4, ou « Ticket To Ride IV ». Oui, car les fondateurs étant fans des Beatles, tous leurs noms de produits ont un rapport avec eux, et ça ne s’arrête pas là. Chacune de leur carte graphique porte sur son circuit imprimé une phrase tirée d’une chanson du groupe. Aussi, sur la Revolution IV, on peut lire les mots « got to be good looking », extraits de Come Together. Le GPU T2R4, donc, s’accompagne de 32 Mo de SDRAM. Peut-être pas assez pour générer un bonhomme orange debout dans ce qui semble être un océan survolé par des sphères métalliques, mais à l’époque, c’était la classe.
Inno3D GeForce RTX 3090 Gaming X3
Vous pensiez que les emballages de cartes graphiques moches étaient une relique du passé ? Détrompez-vous. En 2020, et même si les constructeurs se sont largement calmés sur ce point, il existe des marques qui résistent encore et toujours au bon goût. Inno3D semble vouloir se démarquer dans ce domaine, et l’illustration de la boîte de leur GeForce RTX 3090 en témoigne. L’avantage, c’est qu’on y retrouve quelques classiques de la discipline, le tout dans une seule image : la jeune femme au regard en coin, les flammes, les néons, les éclairs, les yeux d’une couleur improbable, tout y est. Sans parler du slogan « Brutal by nature » qui complète parfaitement ce tableau. À la limite, l’esthétique tombe à pic pour la sortie de Cyberpunk 2077 (imminente au bouclage de ce numéro), qui s’est récemment fait remarquer pour ses spécifications techniques particulièrement élevées si vous souhaitez y jouer avec le ray tracing. Après tout, Nvidia ne manquera pas d’excuses pour trouver de bonnes raisons de vous vendre des RTX 3090, dont vous pouvez d’ailleurs lire le test dans le numéro que vous avez entre les mains (mais sans flammes, éclairs, ni néons).
XFX GeForce 7950 GT
Vous ne trouvez pas ça ennuyeux, ces boîtes invariablement rectangulaires pour emballer votre nouvelle carte graphique ? Les Américains de XFX aussi, et c’est pour cela qu’ils ont décidé de créer une boîte en forme de X pour leur GeForce 7950 GT, parce que pourquoi pas ? Ça prend une place monstrueuse, c’est impossible à ranger correctement, mais au moins ça se voit sur une étagère. Pour rendre l’ensemble encore moins pratique, ils ont même mis une boîte plus petite à l’intérieur. Et le jour où vous mettrez cette dernière à la poubelle, tout le monde saura que vous avez la carte graphique la plus cool du moment grâce à ce fantastique loup-garou en 3D présent sur la face avant. Sortie en 2006, cette carte embarque un GPU G71 sur l’architecture Curie cadencé à 550 MHz. Elle était accompagnée de 512 Mo de GDDR3 à 700 MHz sur un bus 256 bits, une addition qui la tourne définitivement vers le haut de gamme de l’époque. Il s’agissait en effet d’une version améliorée de la 7900 GT, avec des fréquences plus élevées et une mémoire doublée pour seulement 20 euros de plus, un des meilleurs rapports performances/prix de cette année.
Palit GeForce GTX 260
Nous avons vu jusqu’à ici des boîtes avec des images toujours plus improbables, des fées, des extraterrestres ou des loups-garous, mais certains constructeurs ont décidé de prendre la direction opposée pour leur packaging. C’est le cas de Palit, qui a pendant quelque temps utilisé comme mascotte une grenouille pour illustrer ses cartes. Ou bien est-ce un caméléon, étant donné que le constructeur a principalement mis des GeForce sur le marché ? Toujours est-il que l’animal, avec son air fier, est systématiquement monté dans une sorte de robot géant dont seule sa tête dépasse. Dès lors se posent de nombreuses questions. Comment la grenouille contrôle-t-elle ce tas de ferraille ? A-t-on déjà vu le corps de la grenouille, ou le robot est-il simplement un corps de remplacement attaché à sa tête ? On est sûr que ce n’est pas un caméléon ? Quant à la GeForce GTX 260, il s’agit d’une carte milieu de gamme sortie en 2008, équipée d’un GPU GT200 sur l’architecture Tesla 2.0 avec 896 Mo de GDDR3 sur un bus 448 bits. Malgré ces chiffres, ses mauvaises performances face à sa principale concurrente de l’époque, la Radeon HD 4870, ont poussé Nvidia à sortir une GTX 260+ avec un GPU plus puissant quelques mois plus tard.
Sapphire Radeon HD 3870 X2
Revoilà Sapphire qui, après nous avoir offert un magnifique alien en métal liquide, a eu cette fois une idée beaucoup plus conventionnelle pour sa Radeon HD 3870 X2, sortie en 2008. Il s’agissait d’une carte assez particulière, puisqu’elle n’embarquait pas un mais deux GPU (d’où le X2 à la fin du nom). Il s’agissait de deux puces R680 basées sur l’architecture TeraScale et cadencées à 825 MHz, accompagnées de 1 Go de GDDR3 qui sont en réalité deux fois 512 Mo alloués à chaque GPU. Vous obteniez donc essentiellement deux cartes en une, et des performances qui devaient en théorie être doublées par rapport à une Radeon HD 3870 classique. Le problème, c’est que la carte n’avait qu’un seul système de refroidissement, qui produisait un bruit assez important pour refroidir toutes les puces de la carte (les blowers, conspués aujourd’hui pour le bruit qu’ils génèrent, étaient très courants à l’époque), même si les performances étaient effectivement au rendez-vous. C’est probablement ce qui explique la mine déçue de la jeune femme sur la boîte, les bras en croix comme pour tenter d’exorciser cette maudite carte.
3dfx Voodoo 3 3500 TV AGP
À la fin des années 1990, alors que tout le monde ne jure plus que par les (plus ou moins) beaux rendus 3D, le constructeur 3dfx a décidé de ne pas tomber dans ce travers. Il a plutôt choisi d’illustrer sa Voodoo 3 avec une photo certes un brin effrayante, mais dont on appréciera au moins les couleurs et les contrastes, qui changent selon le modèle (2000, 3000 ou 3500). Et il y a tout de même une mode à laquelle ils ont malgré tout cédé : celle des yeux aux couleurs totalement impossibles, parce qu’il n’y a pas de meilleur moyen de vendre une carte graphique qu’un regard pénétrant votre âme. Il ne manquerait plus qu’elle brille dans le noir pour vous faire sursauter la nuit. Concernant la carte, elle intègre un GPU nommé Avenger, qui fonctionne à 183 MHz et s’entoure de 16 Mo de SDRAM. Malheureusement, la Voodoo 3 n’apportait pas grand-chose de plus que la Banshee, sortie l’année précédente, et se trouvait largement dépassée techniquement par les modèles de ses concurrents ATi et nVidia. Elle marque ce que certains considèrent comme le début de la fin pour 3dfx, qui finira par être absorbé par nVidia l’année suivante.
Sapphire Radeon X800 GTO
On ne résiste pas au plaisir d’admirer une nouvelle boîte de Sapphire, qui aime décidément beaucoup trop l’aspect métallique et en met partout sur les emballages de ses GPU. On retrouve sur cette image plusieurs clichés de l’illustration 3D des années 1990, avec notamment le décor vide et le personnage au centre de ce qui ne peut être qu’un océan. Le problème, c’est que ce dessin a été réalisé pour la Radeon X800 GTO, sortie en 2005. Cette carte de milieu de gamme créée par ATi tournait sur un GPU R480 à une fréquence de 400 MHz et fonctionnait avec 256 Mo de mémoire GDDR3 sur un bus 256 bits. Bien que le but de ce modèle était surtout de faciliter l’écoulement des stocks de R480 pour ATi avant le passage à la génération suivante, ses performances lui permettaient de rivaliser aisément avec la concurrence de nVidia, ce qui en faisait une carte très intéressante pour son prix (environ 200 € de l’époque). Et puis, ne serait-ce que pour le bonheur démesuré d’avoir sur la boîte le rendu 3D d’un robot en métal liquide qui sort, les bras en croix, d’un océan qui semble infini, il était difficile de passer à côté.