Perco
le 8 juillet 2026
C’est l’été ! Et par été, je n’entends pas cette douce période de farniente sous les caresses des rayons du soleil, mais bien « les feux de l’Enfer, une rôtissoire planétaire au-delà des 40 degrés ».
Nos enfants nous jugeront pour avoir laissé les datacenters d’IA et les compagnies pétrolières dérégler le climat pour entasser les biftons. Puisqu’il nous détesteront, autant – au moins – leur laisser de bons jeux de notre époque, histoire qu’ils puissent en ressortir les boîtes en 2097, dans les soirées au bunker. Dans notre 19e hors-série consacré aux jeux de plateau (oui oui, 19 déjà, grâce à votre fidélité chers lecteurs), notre équipe de choc a bravé la chaleur pour tester et analyser une trentaine de jeux du moment, et surtout, décortiquer les obsessions qui agitent notre cher hobby.
On triche, on grille
Au cœur de ce numéro, nous posons les pieds dans le plat avec un grand dossier central consacré à la lie de l’humanité : la triche et les tricheurs. Des petits malins qui cachent des ressources dans leur manche aux professionnels du coup d’œil oblique, nous avons enquêté sur cette pathologie sociologique qui brise des amitiés plus vite qu’une trahison de fin de partie. Une analyse indispensable pour repérer le vice chez vos proches avant qu’il ne soit trop tard. Mais ce n’est pas tout. Puisque le monde extérieur ressemble de plus en plus à un simulateur de fin de partie, nous nous sommes demandé si un jeu pouvait encore « faire voyager », et si l'exotisme d’un plateau pouvait devenir la nouvelle forme d’évasion. Une évasion d’autant plus ironique que nous décortiquons les liens étroits entre capitalisme et jeux et comment l’idéologie du marché a colonisé nos tables, nous forçant à optimiser des rendements de cubes en bois même pendant nos vacances.Pour les bricoleurs du dimanche, on s’est penchés sur une tendance lourde : peut-on modder un jeu de société comme un jeu vidéo ? Des règles maison aux extensions non officielles, la réponse va plaire aux maniaques du fait-main. Vous découvrirez également le portrait de Fanelia, illustratrice de talent, ainsi qu’une plongée réconfortante dans les jeux régressifs, ces plaisirs coupables et enfantins qui font du bien là où ça fait mal. Alors, oubliez la crème solaire, fermez les stores et plongez dans ce numéro. Après tout, si le monde doit brûler, autant que ce soit en optimisant sa chaîne de production ou en volant discrètement deux billets à la banque. Bonne lecture ! Perco