L’industrie du périphérique PC n’a jamais été aussi florissante et concurrentielle qu'aujourd'hui. Pour les constructeurs, cela pose forcément la question de la rétention des utilisateurs – et donc des manières plus moins machiavéliques dont on va tenter de les enfermer dans un écosystème propriétaire, surtout du côté du contrôle logiciel. Pas la peine de citer les marques, vous les connaissez, et elles sont trop nombreuses pour qu’on puisse être exhaustif. Mais à force de voir ces applications compagnon se crêper le chignon entre elles pour s’arroger le contrôle et la télémétrie de ma machine, cette fois-ci, j’en ai vraiment ma claque.
Pourtant non, toutes les applis constructeur ne sont pas forcément invasives ou des aspirateurs à données. Mais que certaines le soient, c’est déjà beaucoup trop. De ce point de vue, le bonnet d’âne qui va prendre pour tout le monde, c’est Razer. Synapse, alias « le malware », est l’une des pires infamies que l’on puisse infliger à un ordinateur. Vous voulez profiter à 100 % de votre nouvelle souris ? Pas d’autre choix que de créer un compte en ligne avec une adresse mail valide, et de sacrifier ses données !
Le logiciel Razer Synapse, nommé d'après les cellules que l'on se crame en essayant de le faire fonctionner correctement.

Driver to Hell.

Car Synapse ne s’installe pas seul. Comme bien d’autres, il planque dans ses valises des « services » censés « améliorer le fonctionnement de votre périphérique ». Du genre GameManagerService et Razer Central Service. Tout cela tourne en tâche de fond pour envoyer vers des serveurs distants des statistiques sur les programmes utilisés, les pages web visitées. D’où cette grande interrogation : quelle est donc l’utilité que Razer peut bien avoir de ces données – et surtout, pour l’amour du ciel, quel rapport peuvent-elles bien avoir avec l’usage que je fais de ma souris ?!

Ras-le-bol de cette guéguerre de collégiens qui saccage mon PC.

Mais le véritable enfer commence quand plusieurs applications commencent à se battre entre elles. Dernière expérience perso : du jour au lendemain, Razer Synapse, encore lui, refuse catégoriquement de se lancer. Une réinstallation complète n’y change rien. Au bout d’une bien trop longue investigation, cause se révèle : il n’aime pas côtoyer des copains ayant eux aussi des fonctions de contrôle RGB. Oui, juste ça. Même genre de caprices chez iCue de Corsair, qui veut bien tolérer Aura Sync d’Asus, mais tape une crise de jalousie face à Mystic Light de MSI. Le boxon est complet quand tout ce beau monde décide d’une alliance de circonstance pour se faire la peau de Steelseries GG, qui n’avait absolument rien demandé. J’en ai ras-le-bol de cette guéguerre de collégiens qui saccage mon PC. Parlez-vous, nom d’un chien ! Roccat, Turtle Beach ou encore Elgato parviennent bien, eux, à proposer des applis légères et indépendantes, qui ne cassent rien. Comme quoi, c’est possible.
Cette situation, vous la connaissez beaucoup trop, pas vrai ?
J’entends bien que ma situation professionnelle me met en première ligne face aux problèmes de ce genre. Mais ça n’excuse rien. Il suffit parfois de deux périphériques et deux applications pour que la situation commence à dégénérer, et c’est inacceptable. Flûte à la fin, j’utilise même pas votre fichu RGB !