Depuis la sortie du Microsoft Flight Simulator d'Asobo en 2020, le petit monde de la simu' aérienne est en pleine effervescence. D'un milieu de niche assez moribond, il est redevenu cool en amenant à lui des joueurs et joueuses curieux de voir comment Asobo a pu modéliser la planète entière et, derrière eux, des fabricants de hardware toujours à l'affût du bon coup. Vous-même êtes en train de lire ces lignes en vous disant que « ça serait peut-être pas mal de se monter une config, tiens ». Je le sais, je vous connais.

Vol civil ou militaire, moteur à hélice ou réacteur, le principe reste le même : les commandes de vol (yoke, joystick, palonnier, manette des gaz) pour agir sur le tangage, le roulis, le lacet et la vitesse, plus quelques panels mignons pour gérer l'avionique. Regardons ça ensemble.

Le Yoke.

Périphérique de tout adepte du vol de tourisme et cœur du setup autour duquel viennent se greffer les autres périphériques, le yoke (ou le joystick) est en charge du roulis et du tangage de l'avion.

Choisir un yoke est une affaire de goût mais s'il faut lister les éléments à prendre en compte, on notera le débattement de l'axe principal (plus c'est grand, plus c'est précis). La présence de boutons et sticks analogiques sur les poignées est un plus pour avoir de la marge de manœuvre côté config. Enfin, le système de fixation et le poids de l'ensemble sont à considérer : il vaut mieux un modèle lesté pour s'assurer qu'il ne vole pas à la première manœuvre un peu virile.

Plusieurs marques généralistes installées depuis longtemps proposent leur version du yoke à l'image de Logitech et de son Flight Yoke System, version rebrandée du classique de Saitek passé dans le giron de la marque suisse en 2016.
Le Flight Yoke System de Logitech, 130 €.
D'autres marques tentent depuis la sortie de Flight Sim 2020 de se faire une place sur ce marché comme Turtle Beach qui, avec son combo VelocityOne Flight Universal Control System, propose un produit complet à un tarif pas piqué des hannetons (380 €).

Mais ne croyez pas qu’il s’agisse là d’un maximum, oh non : les vrais nantis sont quant à eux représentés par Honeycomb et Moza Racing qui misent sur des produits aux matériaux et à la finition très haut de gamme, à la hauteur des prix pratiqués.
L'Alpha Flight Controls de Honeycomb, 300 €.

Joysticks (ou flight stick).

Côté joysticks pour le vol civil, c'est un peu plus léger, les fabricants préfèrent se concentrer sur les modèles orientés simu' militaire. Et s'il est tout à fait possible de piloter un Airbus A320 Neo avec un flight stick de F/A-18, il existe des équipements spécialisés. On notera les efforts réalisés par Thrustmaster et Winwing, marque chinoise très active depuis quelques années, qui sont les seuls à proposer respectivement le TCA Sidestick Airbus Edition sous licence officielle Airbus, et le Ursa Minor Airline Joystick sous licence de rien du tout, mais avec des designers malicieux.

Le TCA Sidestick Airbus Edition de Thrustmaster, 70 €.
L'Ursa Minor Airline Joystick de Winwing, ça ne vous rappelle rien ? 60 €.

Palonnier.

Élément contrôlant le lacet (virage à plat), le « palo » est un dispositif essentiel du setup de simulation aérienne. Et contrairement aux autres périphériques, le palonnier peut être utilisé indistinctement en simulation aérienne civile ou militaire.

Les marques qui vendent déjà yokes et joysticks affichent généralement leur palonnier avec des prix alignés sur leurs gammes. Il n'y a guère que Moza qui ne propose pas encore de palonnier pour accompagner son yoke dispendieux, certainement pour éviter un AVC à ses clients. Pour les autres, les prix s'échelonnent de 100 € à 550 €.

Le Pro Flight Rudder Pedals de Logitech, 110 €.
Il ne faut pas mégotter sur la robustesse du palonnier, vous allez le manipuler avec les pieds, il est donc important qu'il résiste à vos assauts. Des pédales ajustables sont également un plus non négligeable si vous comptez faire ce Paris-Tokyo en temps réel. Certains palonniers proposent en prime de jouer sur la tension des ressorts ou la friction des axes, et ce sont des fonctionnalités bienvenues.
Le TPR de Thrustmaster, 550 €.

Manette des gaz (throttle)

Pour les manettes des gaz, les fabricants font parfois preuve de fantaisie. En plus de proposer des versions en bundle avec leurs contrôleurs pour économiser, certaines marques pensent aux joueurs et joueuses qui débutent en Cessna mais sont ambitieux : elles permettent de passer du piston au jet sans changer de matériel, via des capuchons de levier interchangeables en dix secondes.

La manette du VelocityOne Universal Flight Control System de Turtlebeach, 380 €.
D'autres proposent de solidariser deux modules biréacteurs pour en faire un quadriréacteur ou d'adjoindre des add-on vendus séparément pour ajouter des fonctionnalités à la carte, car il n'y a aucune limite dans le throttle game.
Le TCA Quadrant Add-On Airbus Edition de Thrustmaster, 99 €.

Les panels.

Les panels permettent de gérer l'avionique d'un appareil, c'est-à-dire tout ce qui ne relève pas des commandes de vol mais plutôt de l'électronique et l'informatique embarquées. Deux fabricants se distinguent par leur volonté de créer des écosystèmes modulaires autour de leurs produits.

Le premier, c'est Logitech qui, avec sa gamme de Flight Panels et Flight Instruments, permet de se faire un cockpit à la carte plutôt orienté tourisme. Module radio, pilote auto, l'essentiel est présent. Attention néanmoins au prix : si chaque module est abordable, le prix de l'ensemble peut monter très haut, très vite, ce qui est paradoxalement l'exact opposé du Cessna qu'ils sont censés simuler.

Les Flight Panels et Flight Instruments de Logitech pour se faire un cockpit à la carte.
L'autre marque est Winwing, spécialisée dans le rapport prix-performances extraterrestre. Contrairement à Logitech, Winwing vise plutôt l'aviation commerciale (Airbus et Boeing) et met à portée de bourse des modules qui étaient jusqu'à présent assemblés dans un garage en Australie par des enthousiastes talentueux vivant coupés du monde et des problèmes de pouvoir d’achat. Le MCDU pour Airbus illustre parfaitement ce principe : l'appareil complet avec écran LCD intégré et fonctionnel dans Flight Sim' est vendu 125 €, et ça, c'est de la sorcellerie.