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Createurs: Jamey Stegmaier
Editeur: Morning Players
Nb joueurs: pour 1 à 5 joueurs (optimal à 4 et plus)
Prix: 70 euros
Le jeu de gestion est souvent sobre d'allure. Scythe, lui, aurait plus des airs d'améritrash avec ses belles et grosses figurines, son beau plateau et ses grosses fiches de joueur cartonnées. Et encore, je ne vous parle pas de la version collector de ce jeu récemment kickstarté, qui comprend des petits pions de ressources (du bois, du métal, des sacs de blé, du pétrole) et des pièces de monnaie tout en métal peint, c'est atrocement sublime. Et hors de prix, mais on s'égare.
Sous ce vernis un peu bling-bling se cache pourtant un jeu aux mécaniques bien corsées, qu'il serait, bien plus que fastidieux, complètement illusoire de tenter de résumer ici. On oublie assez rapidement l'univers, pourtant fascinant avec cette sorte de début de XXe siècle alternatif où les petits ouvriers travaillant dans les champs côtoient des mechs de combat, et dans lequel une usine légendaire au centre de la carte attire les convoitises, pour se concentrer sur les paramètres à gérer.
On a ici affaire à un pur représentant de ce que les Anglo-Saxons appellent de l'engine building. Par une poignée d'actions à sa disposition (quatre pour être précis : déplacer, commercer, produire, renforcer), le joueur va bâtir un outil de production, l'optimiser, l'améliorer et faire ainsi en sorte que chacune de ses actions, tour après tour, donne des résultats exponentiellement plus efficaces. Bref, chaque joueur contrôle à peu près tout, y compris le moment où le gong sonnera la fin de partie et où les points de victoire seront décomptés. Et ce, selon des tas de critères : nombre « d'achievements » (mission secrète réalisée, intégralité des mechas construits ou des ouvriers recrutés, rangs maximums de popularité ou de puissance militaire atteint...), territoires contrôlés, ressources en stock... Comptez une bonne dizaine de minutes rien que pour faire le comptage.
Naturellement, le facteur chance est réduit au strict minimum et, travers du genre, les interactions entre joueurs ne sont pas excessivement développées en dehors d'une petite lutte territoriale et quelques combats. Scythe est certes une grosse machine, pleine d'engrenages et de rouages vertigineux et qui dégueulera de l'huile sur vos godasses... mais sa maîtrise – au bout de trois ou quatre parties minimum, ne rêvez pas – peut provoquer un immense plaisir. Si le challenge vous séduit, sa version française est attendue pour ce mois de novembre.