Créateur : Dave Beck
Illustrateur : Erik Evensen
Éditeur : Matagot
Nombre de joueurs : 1 à 5
Nombre de joueurs optimal : 3
Durée : 2 heures ou plus
Complexité : complexe
Surface de jeu recommandée : cave à 12° et hygrométrie à 70 %
Prix : 80 €
Il existe des choses avec lesquelles il faut savoir faire preuve de modération : le travail, les efforts, les enfants, les transports en commun… Déjà parce que ça réduit le stress, ensuite parce que ça laisse plus de temps pour l’alcool. Allez, lançons-nous dans Distilled, dans lequel on incarne des bouilleurs de cru.
Téma la taille du ratafia !
Cet amour du sujet, c’est le point fort évident. Combiné au luxueux matériel (voir encadré), la sensation de triturer de l’alambic est parfaite. Un travail qui masque habilement un fond (de cuve) finalement plus classique : marché d’ingrédients et d’équipements de base, second marché premium (pour acheter de meilleurs ingrédients, des améliorations pour sa distillerie, de belles bouteilles ou des fûts haut de gamme), bonus déblocables à chaque vente, pouvoirs et objectifs personnels, course pour d’autres objectifs, salade de points, etc. Chacun fait ses courses, fabrique un seul alcool par manche, puis vend sa production dans le meilleur écrin possible. Au bout de sept manches, on sonne la cloche, c’est fini, le bar ferme, faut rentrer chez vous messieurs-dames.Beau comme Ethanol Hawke
Inserts adaptés, tuiles d’étiquettes pour chaque alcool, boîtes de rangement, listes de recettes à imbriquer dans les plateaux personnels… : un travail d’orfèvre pour fournir une boîte totalement remplie et organisée en étages pour ne pas bouger d’un pouce. La preuve aussi qu’un matériel ultra luxueux n’exige pas des figurines. La VO était un Kickstarter et Matagot conserve tout pour cette version en boutique, ne s’occupant que de la traduction, correcte malgré quelques rares coquilles. Cela fait gonfler le prix, c’est certain, mais soyons honnêtes : ça en jette.
Le ferment du jeu de pomme.
Ce mélange, ce n’est pas une recette, c’est un pari. On mélange tout, on retire la première et la dernière carte de son paquet, et on prie pour que ce qui reste suffise pour l'une de nos recettes. Vous n’aviez qu’un sucre et il dégage ? Vous ratez votre cachaça, mais pouvez toujours obtenir du moonshine, l’alcool des rednecks. Mais si, celui qui se boit dans un bocal ou une cruche. Voilà, on est loin du Brandy de luxe. Ce hasard (compensable, à condition de dépenser beaucoup pour pouvoir ajouter des cartes), l’auteur le justifie. Il figure le fait d’enlever la surface (toxique) et le fond (qui pue) pour ne garder que le cœur. Est-ce complètement exact ? Aucune idée, mais ça en a tout l’air, et cette mécanique de « stop ou encore » est ainsi habilement fondue dans le thème. C’est futé.Cette volonté de plaire à tous, c’est un peu le problème.