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Createurs: Richard Garfield
Editeur: Iello
Nb joueurs: pour 2 à 6 joueurs (optimal à 4 et plus)
Prix: 30 euros
Il y a deux manières de présenter King of Tokyo. La première, c'est de souligner qu'il s'agit d'un jeu de Richard Garfield, le créateur de Magic, l'Assemblée. Mais devant des néophytes, pas certain que l'évocation du célèbre jeu de cartes à collectionner, solidement attaché à l'image du geek boutonneux qui ne voit que trop rarement la lumière du soleil, soit franchement pertinente. Non, ce qu'il faut, c'est le présenter pour ce qu'il est : un Yam's amélioré. Rappelez-vous, le Yam's (ou Yahtzee selon les chapelles), ce jeu qui consiste à faire des combinaisons avec cinq dés. Des dés normaux, en plus, à six faces : pas ces modèles à 12 ou 20 faces qui déstabilisent l'amateur.

Bien sûr, derrière, il y a une thématique. Dans King of Tokyo, ce sont d'adorables KaijuNote : 2 qui se maravent dans Tokyo et ses alentours. La base du jeu, c'est le stop ou encore : dans les lancers de dés, qui permettent de gagner des points d'énergie (qui serviront à booster le bestiau), distribuer des baffes, se soigner ou glaner des points de victoire. Au centre du plateau, il y a… Tokyo, voilà, belle déduction, un lieu que peut occuper un seul Kaiju à la fois, jusqu'à ce qu'il décide qu'il a eu sa dose.

La particularité d'être, ainsi, le roi de Tokyo ? À chaque tour entamé sur ce lieu, ce sont deux points de victoire (si vous demandez, oui : c'est pas mal) pour le joueur et l'immense privilège de voir ses dés de baffes distribués à tous les autres corniauds. Une sorte de gros mouvement de tourniquet, en somme. L'inconvénient, parce que vous vous doutez qu'il y en a un, est d'interdire au joueur de s'y soigner, ainsi que d'être la cible systématique des baffes délivrées par tous les autres. À chaque torgnole, le joueur peut dire « POUFE ! » en crachant un chicot ensanglanté et… laisser sa place à Tokyo au joueur qui l'a attaqué – qui lui, n'a pas vraiment le choix de refuser, fallait y penser avant, non mais.

Allez, pour pimenter un peu, et s'éloigner encore un peu plus du simple concept de Yam's (et c'est heureux, parce qu'on a tôt fait de s'y emmerder, dans ce jeu basique, il faut reconnaître…), il y a toutes ces améliorations que l'on peut acheter pour customiser son monstre : un crachat venimeux pour empoisonner ses victimes et leur infliger des dégâts dans le temps, un rayon réducteur pour, euh, ben, les rétrécir, tout bêtement. Point trop de subtilité, un peu de prise de risque et surtout beaucoup de bonne humeur grâce à cette thématique complètement barrée et joliment illustrée.

Note 2 : Mais si, vous savez ce qu'est un Kaiju : un de ces monstres géants qui détestent l'urbanisme, dont Godzilla, Mothra ou Rodan sont les plus célèbres représentants.