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Createurs: Adam Poots
Editeur: Adam Poots Games
Nb joueurs: 1-4
Duree: 60-180 min
Difficulte: pour joueurs expérimentés
Sortie prevue: possiblement disponible à l'heure où vous lisez, surveillez la boutique en ligne https://shop.kingdomdeath.com
Vous l’appréciez ce léger frisson ? Celui que l’on ressent en sachant qu’une campagne de jeu, qui dure depuis plus de vingt heures, peut se terminer en un jet de dés, car cela provoquerait la mort tragique de votre dernier personnage. Si la réponse est oui, alors vous êtes au bon endroit. Vous et vos camarades masochistes se retrouvent dans la peau d’une poignée d’hommes et femmes se réveillant dans un monde extrêmement hostile. Et pour couronner le tout, ils sont plongés dans le noir. Leurs seules possessions : une lanterne et un pagne. Dieu merci, Kingdom Death vous donnera l’occasion d’améliorer vos chances de survie. Pour ce faire, vous devrez développer votre colonie et fabriquer armes et armures à partir de ce que vous aurez récupéré en affrontant les monstres rôdant autour de votre campement.

Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.

Les combats, extrêmement brutaux, prennent vie sur un grand plateau. Là, s’affrontent vos survivants et le monstre tant redouté, piloté par une IA. En effet, des decks de cartes dictent les attaques et les manœuvres des créatures affrontées. Chaque blessure infligée retire une carte du deck. Ainsi, plus un ennemi est blessé, plus il devient prévisible. Le problème étant qu’il devient aussi potentiellement plus dangereux s’il ne lui reste que des attaques destructrices sous le coude. Les quelques survivants de retour au campement seront estropiés ou mentalement dévastés par ce qu’ils ont enduré. Mais si vous tenez bon, vous verrez aussi parfois émerger de véritables héros, bardés de cicatrices et vénérés par tous pour avoir décapité d’un coup d’un seul une abomination prête à les dévorer. Bref, KD:M est aussi un générateur d’histoires, renforcé par les événements aléatoires qui vous tombent régulièrement dessus. Le tout rythmé par les naissances (une campagne se déroule sur plusieurs décennies), les drames, les visites d’inconnus, mais aussi, et surtout, la découverte par petites touches de ce monde périlleux et énigmatique.

40 euros le kilo.

Toutes ces joyeusetés n’existeraient pas sans Kickstarter. Le projet, arrivé à sa deuxième édition, a levé près de douze millions de dollars, pulvérisant le record pour du jeu de plateau. Adam Poots, le monsieur à la tête du projet, a ainsi pu réaliser le jeu de ses rêves sans accorder aucune concession. Cela se traduit par une quantité impressionnante de figurines détaillées à monter soi-même (le bonhomme est aussi figuriniste), un design classieux et du matériel de très grande qualité. Forcément, tout cela a un prix : entre 300 et 400 euros. Sans compter les nombreuses extensions déjà disponibles pour personnaliser sa campagne à l’envi. Mais le jeu reste introuvable dans une boutique classique. On ne le déniche qu’en ligne, sur le site du shop, dévalisé à la moindre mise à jour. Toutefois, la somme réunie grâce à la seconde campagne Kickstarter, lancée en janvier 2017, a permis à Poots et sa bande de fabriquer assez de boîtes de base pour tenir, selon eux, toute une année. Le jeu devrait d’ailleurs être de retour en boutique au moment où vous lirez ces lignes. On a donc là un jeu massif demandant un investissement certain, et ce, à tous les niveaux. Mieux vaut donc savoir dans quoi on se lance avant de vendre un rein pour s'offrir cette imposante boîte noire.