Untitled
le 10 octobre 2025
Il y en a qui font redescendre leur taux de cortisol à coups de vidéos de chatons plutôt que de s’attaquer à la racine du mal, comme le capitalisme ou les bouchons sur l’A3. Moi, ce sont les bébés chèvres : des trucs minuscules et extrêmement patauds qui portent dans leurs cornes toute la culture métal.
Les chèvres, c’est avant tout l’anarchie sous un pelage angora. Goat Simulator l’avait bien compris en jeu vidéo, et c’est tout naturellement que des jeux de rôle ont pris la suite du concept. En premier, Grant Howitt, un habitué des jeux en une page toujours merveilleusement conceptuels, qui propose avec Goat Crashers d’incarner une troupe de chèvres essayant de s’incruster dans une fête humaine. Non seulement il faudra rivaliser de déguisement, discrétion et imitation des mœurs pour espérer rentrer, mais les caprins ignorent que la fête sert aussi de couverture à un truc louche comme un casse ou une mise aux enchères illégale… Une autre chèvre-feuille, cette fois rédigée par Rev Casey, résume ainsi son concept : « Soyez une chèvre anarchiste. C’est ça, le jeu. Ne réfléchissez pas trop. » Les chèvres sont brusquement devenues intelligentes, et avec ce grand pouvoir vient un grand énervement existentiel et une certaine haine de l’humanité. Tout casser et se faire plaisir est clairement le concept du jeu, et à bas le système (il y en a quand même un, mais simple et au D6). Ça va, votre cortisol ? Anarchy Goat inclut même désormais un supplément Anarchy Cat.
Bêle, bêle, bêle au tour par tour…
Capri, c’est loin d’être fini pour Grant Howit qui a récemment récidivé avec Big Goat, little Goat où deux quadrupèdes barbus se dirigent vers la ville pour essayer des chapeaux, manger du rouge à lèvres, invoquer un démon ou ouvrir un foodtruck. Le système est le concept : un d12 pour la grande chèvre, un d4 pour la petite, l’alliance des deux pour déterminer des événements sur des tables. Les jets de force demandent un haut score et ceux de subtilité un petit.Moins expérimental, mais tout aussi surprenant, DND but everyone is a goat est un supplément non officiel proposé par Sumida. Ici, dans un contexte médiéval fantastique adapté, on communique en bêlant, on danse en tapant des pieds et on résout des conflits politiques par des débats de frappage de tête. Toutes les bases de DND, de l’équipement au lancer de sort, du fonctionnement social à un bestiaire avec des banshèvres sont adaptées et décrites avec un niveau de précision qui, très honnêtement, m’émeut, même si ce n’est ni le bon animal, ni le bon cri.
Images : Sumida pour DnD but everyone is a goat, Grant Howitt pour Big Goat Little Goat et Rev Casey pour Anarchy Goats