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Créateurs : Justin Achilli, Daniel Braga, Johnathan Byerly, Edward Austin Hall, Karim Muammar, Mario Ortegón, Pam Punzalan, Erin Roberts
Illustrateurs : collectif
Éditeur : Arkhane Asylum Publishing
Nombre de joueurs : 2 à 6 (public averti)
Complexité : modérée
Prix : 55 € le Livre de base
Et si Vladimir Poutine n’était pas seulement un dictateur ivre de conquête, mais aussi un sorcier en quête d’humains à siphonner ? Et si Amazon n’était pas juste le responsable de votre découvert bancaire, mais aussi une organisation créée pour endetter les humains et les rediriger vers des organismes de crédit dirigés par des vampires ? Et si votre voisin qui fait un barouf de tous les diables en rentrant en plein milieu de la nuit n’était pas un fêtard, mais un loup-garou qui rentre de curée ? Vous y avez pensé à ça ? Eh bien nous, les Chasseurs, nous sachons.
Dans Hunter : le Jugement, vous vivez une vie de péquenaud lambda jusqu’à ce qu’un événement déchire le voile du secret le mieux gardé : les créatures maléfiques sont partout et personne (ou presque) n’en a conscience. S’éveille en vous une pulsion, et ni une ni deux, vous décidez de prendre les armes pour vous attaquer au problème à la racine : en cassant du monstre. Adieu bobonne et les marmots, bonjour cours de tir et arts martiaux. Adieu boulot à la compta, bonjour RSA et petits jobs qui vous laissent le champ libre pour... la Chasse. Certes, maintenant vous vivez un peu comme un paria dans un 9 m² sous les toits (avec WC séparé), mais vous avez un but, une mission, une vocation !

Hunter’s Creed : « Rien n’est vrai, tout est putain de permis ! »

Pour créer votre chasseur, il faudra d’abord définir votre « Credo » (comment vous chassez) et votre « Pulsion » (ce qui vous pousse à chasser), comme « Je me suis formé aux sciences occultes parce qu’un fantôme a hanté mon papy et je souhaite que ces saletés d'ectoplasmes disparaissent ». Ensuite, il faudra définir vos attributs forts et répartir vos points dans des compétences – un peu comme dans Vampire : la Mascarade (fun fact : à sa première édition en 1999, Hunter : the Reckoning faisait partie du World of Darkness de White Wolf, comme VtM, Mage et les autres). Disons qu’en termes de fiche de personnage, les rôlistes aguerris ne seront pas trop dépaysés. Tous ces « potentiomètres » permettent de bien connaître les capacités de votre personnage-joueur, favoriser les « Victoires automatiques » et ainsi limiter l’utilisation des dés, pour privilégier la narration… c’est écrit en gros dans le bouquin.

Avec son système de réussites à base de D10, vous allez en gros cumuler scores d’attribut et de compétence pour définir votre nombre de dés à lancer pour tenter de franchir un obstacle (+/- éventuels modificateurs). Et le conteur-MJ définira le nombre minimum de réussites (≧ 6 sur chaque dé) à faire pour y parvenir (autre héritage des jeux White Wolf). Vous aurez aussi droit à des « dés de détresse » bonus dans certaines circonstances, mais si pour des actions simples deux ou trois réussites suffiront, pour des saltos arrière retombés direct sur la tête du changeforme qui se faisait passer pour belle-maman… il faudra faire beaucoup mieux. Un système classique mais efficace.

Compagnons de cellule.

Heureusement, vous ne serez pas seul(e) pour cette difficile et noble tâche – à savoir déjouer les manœuvres subversives du Monde des Ténèbres – puisque d’autres Chasseurs ont eux aussi reçu la Révélation et pourront vous rejoindre pour former une « Cellule »… du moins pendant un temps. La vie de Chasseur n'est pas un long fleuve tranquille, et les crocs d’un loup-garou auront vite raison de votre petit cou de poulet. Heureusement, vous pourrez compter sur des compétences martiales, mentales et sociales, mais aussi du matériel digne de Mad Max (le jeu se veut « gothique-punk »), comme des Chaoscopes (véhicules de reconnaissance hyper équipés), des cocktails Molotov, ou encore des Munitions « Souffle du dragon » (qui transforment n’importe quel fusil en lance-flammes). À situation désespérée, mesures désespérées ! Vous pourrez aussi compter sur l’aide toute relative des « corpos », des organismes gouvernementaux privés ou religieux qui, en échange de missions ou d’informations, se serviront de la chair à canon que vous êtes pour attirer et remplir leur quota de créatures fantastiques dézinguées. C’est à se demander qui est le plus « monstrueux », au final.

Images : © Arkhane Asylum Publishing