Genre : cartes, baffes
Créateurs : Romaric Galonnier, Anthony Perone
Illustratrice : Noëmie Chevalier
Éditeur : Catch Up Games
Nombre de joueurs : 2 à 5
Nombre de joueurs optimal : disons 5, pour l’ambiance
Durée : 30 minutes maximum
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table de salon
Prix : moins de 20 €
Créateurs : Romaric Galonnier, Anthony Perone
Illustratrice : Noëmie Chevalier
Éditeur : Catch Up Games
Nombre de joueurs : 2 à 5
Nombre de joueurs optimal : disons 5, pour l’ambiance
Durée : 30 minutes maximum
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table de salon
Prix : moins de 20 €
Perco
le 12 avril 2024
| Modifié le le 21 juin 2024
C’est un bon jeu, non… c’est un mauvais jeu, mais un bon moment. Mais… du coup c’est un bon mauvais jeu ? Ou l’inverse. Voilà, c’est ça ! À moins que ce soit le contraire.
Courtisans réussit un exploit : me faire douter de mon amour du chaos ou, du moins, de la nature du chaos que j’affectionne. En un sens, il raffine mes goûts. Le principe est compris en deux minutes. Chacun son tour pioche et joue trois cartes, représentant les membres de six familles nobles.
Coup de pied dans les festins.
Il les pose toutes : une sur la colonne de cette famille au banquet central de la reine, en haut ou en bas du tapis selon qu’il désire que ce clan fasse gagner ou perdre des points, la seconde chez lui — pour justement, scorer à la fin — et la dernière devant le domaine d’un autre joueur — pour le faire perdre de préférence.La pioche épuisée, on regarde les majorités en comparant haut et bas au banquet, pour annoncer quelles familles font des points positifs et quelles autres font des points négatifs, et chacun calcule selon ce qui est posé devant lui. Donc un jeu de coups vaches et d’éventuelles alliances temporaires, avec un peu de stratégie ? Tout ce qui peut me plaire. Sauf que.
Anarchy in the banquet.
Sauf que des cartes ont un pouvoir : en dégommer une autre n’importe où, être indéboulonnable, doubler sa valeur ou, j’insiste sur celle-ci, être jouée face cachée jusqu’à la fin, les espions. Ah, et des objectifs secrets à faire, pour grappiller des points. Mais, à ce stade, alliances et stratégies sont passées à la moulinette du lancer de couteau les yeux bandés. Vu la vitesse, personne n’a aucune idée d’où il en est avant le dénouement. « J’ai une quinzaine de points, c’est sûr ! Ah, non, moins 5 en fait.»Car le hasard (pioche) multiplié par le bol (ne pas être une victime trop souvent), ajouté à la cécité (la colonne spéciale d’espions au banquet, dont on ne connaît rien, ceux posés chez les adversaires ou devant soi), même pour moi, c’est un poil trop. De partie en partie, on a la sensation de progresser, de comprendre mieux, mais, au fond, on contrôle le tout comme une moto sans guidon trafiqué pour rouler au propergol. Cet excès, si on le prend pour ce qu’il est– sachant que tout va virer au concours de baffes permanent, souvent sans logique, changer à chaque pose, comme une bataille de polochons qui dérape –, est franchement rigolard. Les alliances implicites ou explicites, les charges de la tablée contre celui ou celle qui semble être en avance, qu’elles soient justifiées, efficaces ou pas, ont un goût agréable de lâcher-prise, de « Oh, on verra bien ». On se marre franchement.
Assez pour devenir un jeu qui sortira souvent et longtemps ? J’en suis peu convaincu. Ce que je sais désormais, c’est que je préfère le chaos qui désorganise subtilement un semblant d’ordre que celui qui me semble, peut-être à tort, prendre trop de place. Mais j’aime toujours autant l’ambiance qu’il crée.
Assez pour devenir un jeu qui sortira souvent et longtemps ? J’en suis peu convaincu. Ce que je sais désormais, c’est que je préfère le chaos qui désorganise subtilement un semblant d’ordre que celui qui me semble, peut-être à tort, prendre trop de place. Mais j’aime toujours autant l’ambiance qu’il crée.
Images : Catch Up Games