Genre : rôles cachés, déduction, tentacules
Créateurs : Maikel Cheney, Dr. Hans Joachim Höh, Tobias Immich
Illustrateurs : James Churchill, Hendrik Noack
Éditeur : Iello
Nombre de joueurs : 5 à 11
Nombre de joueurs optimal : plus de 7
Durée : 1 à 2 heures, selon la configuration
Complexité : accessible, mais plein de petites règles
Surface de jeu recommandée : table de salon, mais beaucoup de chaises
Prix : 35 €
Créateurs : Maikel Cheney, Dr. Hans Joachim Höh, Tobias Immich
Illustrateurs : James Churchill, Hendrik Noack
Éditeur : Iello
Nombre de joueurs : 5 à 11
Nombre de joueurs optimal : plus de 7
Durée : 1 à 2 heures, selon la configuration
Complexité : accessible, mais plein de petites règles
Surface de jeu recommandée : table de salon, mais beaucoup de chaises
Prix : 35 €
Perco
le 26 avril 2024
| Modifié le le 5 décembre 2024
Si un politicien vous dit « On est dans le même bateau, l’essentiel est de tenir, ensemble, la barre », vous pouvez être sûr d’une seule chose : personne n’est vraiment dans le même bateau. Ici, c’est pareil.
Des jeux à rôles cachés, d’accusations sans preuve et, soyons honnêtes, de gros coups de pif, on n’en manque pas. Dans la catégorie, L’Ombre du Kraken arrive à avoir une personnalité bien à lui, tout en reprenant des recettes connues. Comme s’il avait fait passer Secret Hitler* ou Avalon dans une petite marinade au rhum.
*Dont le thème divise toujours, personne n’aime les secrets.
*Dont le thème divise toujours, personne n’aime les secrets.
On avance ou on fhtagn ?
Dans le navire, des marins et des pirates. Les premiers veulent la barre à droite, les seconds la barre à gauche, pour atteindre leurs ports respectifs. Chaque tour, un capitaine choisit un lieutenant et ils piochent ensemble deux cartes de direction. Ils n’en gardent qu’une chacun, transmises au navigateur — lui aussi nommé par le capitaine — qui mélange tout dans une boîboîte et décide où l’on va.Droite, gauche, droite, gauche ? Oui et non, car il y a un centriste, le cultiste. Lui ne rêve que de foncer tout droit, vers l’antre du Kraken. Si à 50 ans, tu t’es pas sacrifié à un Kraken, t’as raté ta vie. S’il arrive, par le hasard de la pioche ou des rôles à avancer directement vers le nord, de puissants effets de culte l’avantagent, dont convertir secrètement des gens. La force de cette troisième faction, c’est que zigzaguer en aidant un coup les marins et un coup les pirates, sans trop se révéler, l’aide aussi. Droite, gauche, droite, gauche… on irait pas tout droit là ?
Larguez les calamars !
Pour chaque groupe de navigation, tous les joueurs peuvent dépenser des petites ressources pour se mutiner et changer le capitanat et les rôles, quelques cartes de direction ont le même effet. Sur des cases du plateau, des fouilles de cabine, un fouettage en règle pour qu’un joueur avoue publiquement un rôle qu’il ne tient pas, un coupage de langue (ignorez-le, interdire à un joueur de parler est pénible), et des tentacules du Kraken qui obligent à lui sacrifier quelqu’un. Évidemment, si le cultiste ou l’un de ses sbires est choisi, il saute en hurlant « J’ai tentacule attendu ce moment ! » et gagne immédiatement.Avoir un plateau de l’état des lieux donne une réalité à un genre souvent cantonné aux cartes, mais les déductions complexes, car toute négation est souvent plausible (« On me file deux cartes qui vont chez les pirates, je n’ai pas le choix ! »). Si le groupe joue le jeu, c’est hilarant, malgré un chaos certain (surtout vers la fin, car tout navigateur peut se suicider pour refuser un choix). Ce groupe, c’est le problème. À 5, on s’amuse, à 10 ou 11, on s’esclaffe. Or, entre la mise en place, les règles avec trop de points de détails, les parties de deux heures à beaucoup et le genre, qui nécessite des bavards, il risque de ne pas sortir souvent, faute d’équipage.