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Createurs: Hjalmar Hach
Editeur: Blue Orange
Nb joueurs: 2 à 4
Duree: 60 minutes
Difficulte: moyenne
Prix: 35 euros
La petite graine tombe sur le sol, se mue en frêle arbuste, puis en arbre de taille moyenne, avant de se métamorphoser en grand et vénérable feuilluNote : 1 au tronc massif chatouillant le ciel. Enfin, l'homme arrive avec une tronçonneuse pour le débiter et voilà un meuble à chaussures Ikea. Tel est le cycle de la nature, beau et immuable. Mais cela n'explique en rien pourquoi les arbres qui poussent au milieu de la forêt rapportent plus que ceux en périphérie. Pardon ? « Parce que sinon, Photosynthesis serait beaucoup moins amusant ? ». Moui, c'est vrai, petite voix intérieure, j'admets que là, tu marques un point.

Note 1 : ou un grand et vénérable conifère, on est ici dans un havre de tolérance et d'inclusion

Pour les petits et les glands.

Avant que j'oublie, il faut préciser une chose à propos de Photosynthesis : c'est beau. Tellement mignon qu'on aurait envie de le manger. Non, c'est une image, ne le faites pas, on ne veut pas de procès. Le plateau central représente le terrain où s'épanouiront (plus ou moins) les quatre variétés d'arbres des quatre joueurs. Ou moins, mais à quatre, c'est quand même mieux. Sur le bord, un « croissant de soleil » mobile tourne à chaque tour. Il représente l'orientation de la lumière naturelle. Il y a six axes, le soleil exécute trois tours complets et on compte les points. « Quels points ? », demande ma petite voix intérieure, qui aime bien m'interrompre en ce moment. Enfin, tant que ce n'est pas pour m'ordonner de mettre le feu à un truc, je ne vais pas me montrer désagréable à son endroit. Eh bien, les points sont ceux marqués sur la tuile que l'on récolte lorsqu'on coupe un arbre, grand et majestueux, sinon on ne peut pas le tronçonner. Et ils dépendent de deux facteurs : l'endroit où l'arbre a grandi (les tuiles du centre rapportent plus) et la rapidité avec laquelle on s'en est emparé (dans une même pile, leur valeur va décroissante). Tout cela, c'est bien joli, mais pour saisir la substantifique moelle de Photosynthesis, il faut comprendre la vie d'un arbre.

L'arbre qui cache la forêt.

Un arbre, voyez-vous, ça dégage de jolies flammes orange, hypnotiques et envoûtantes, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse aujourd'hui. Un arbre, ça sème des graines. À une case de distance pour les petits, à trois pour les grands. Ça absorbe la lumière (par la photosynthèse, donc) et accorde à son propriétaire des points de soleil. Il pourra les utiliser d'une part pour débloquer des graines et des arbres de toutes tailles depuis sa réserve. Et d'autre part, pour faire évoluer sa progéniture végétale sur le plateau. Et enfin, un arbre, ça fait de l'ombre (de une à trois cases selon sa taille) aux concurrents de taille égale ou inférieure. D'où l'importance de l'alignement du soleil. Avec tout ça, vous aurez compris que Photosynthesis est un pur jeu de… ? Allez, n'ayez pas peur : de... ? Oui, la jeune fille tout au fond là-bas ? « De gros enfoiré ? » Euh, j'attendais plutôt : « de placement », mais ce n'est pas une réponse fausse. Loin de là. Car l'espace est exigu, les places au soleil – au sens littéral – sont chères. Alors tout le monde se creuse la tête pour prévoir ses placements, anticiper la rotation de Phébus, se demander s'il vaut mieux abattre ou conserver encore un tour ce grand arbre, pourvoyeur de nombreux points de soleil, qui de surcroît, pourrit la vie des autres en les en privant. On se marche sur les pieds, on se bloque, on se gêne et on s'insulte. Le tout dans un décor zen et bucolique. Le bonheur quoi.