Genre : cartes, mémoire
Créateur : Kaya Miyano
Illustratrice : Laura Michaud
Éditeur : Cocktail Games
Nombre de joueurs : 3 à 6
Nombre de joueurs optimal : tout fonctionne, mais quatre c’est bien
Durée : 15 minutes
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table basse
Prix : 13 €
Créateur : Kaya Miyano
Illustratrice : Laura Michaud
Éditeur : Cocktail Games
Nombre de joueurs : 3 à 6
Nombre de joueurs optimal : tout fonctionne, mais quatre c’est bien
Durée : 15 minutes
Complexité : accessible
Surface de jeu recommandée : table basse
Prix : 13 €
Perco
le 7 avril 2023
| Modifié le le 21 juin 2023
J’ai une mémoire d’éléphant, mais d’un éléphant cacochyme vivant dans un Ehpad de la savane. Tout ce qui me passe par la tête fait une petite visite et repart aussi sec. Le jeu de cette semaine ? Un Memory pour adultes. Oh, je vais tellement te haïr toi.
Carton plein, TOUT ce que je déteste. Des couleurs criardes et une mécanique qui repose sur la capacité à retenir de tête où sont les cartes. Avant même d’ouvrir la petite boîte, j’avais du fiel à déverser par bidons de cent litres. Voilà. Quelqu’un peut-il désormais m’expliquer pourquoi Trio est devenu l’un de mes jeux de début de soirée préférés ?
Memento Memory.
Je n’ai rien contre la simplicité. L’amoncellement de mécaniques, de matériel, de règles ne me procure aucun sentiment de supériorité ou de plaisir supplémentaire. Mais y a de l’abus dans l’autre sens là, non ? 36 cartes (des trios de 1 à 12) et une règle de base qui tient sur un timbre-poste ? On ne me la fait pas, ça sent l’arnaque, ça ne peut pas être bien.Voyez plutôt : chaque joueur classe ses cartes en main selon l’ordre croissant (ou décroissant si ça l’amuse). Selon le nombre de joueurs, on s’arrête là ou on rajoute un tas de cartes face cachée sur la table, et zou. À son tour, on peut demander à quelqu’un de montrer sa plus petite ou sa plus grande carte, ou en dévoiler une sur la table. Oui, on peut tout à fait se demander à soi-même. Et on recommence. Si c’est le même chiffre, on continue une troisième fois, sinon on remet en place et c’est au suivant. Trois fois le même ? Bravo, vous ramassez ce trio, vos cheveux brillent, vous êtes le roi du monde.
Trois nuits par semaine.
Et ça marche. Ça marche même du feu de dieu. Ça m’énèèèèèèèrve tellement ça marche bien. Chaque carte révélée publiquement active les neurones de tout le monde : « OK, le 4 est la plus petite carte de Michel, j’en ai un en main, le troisième est là… faut juste que je trouve les 3 avant, sinon celui que j’ai me bloque. » Bien entendu, il y a une prime à la bonne mémoire, mais – miracle – celle de monsieur ou madame Tout-le-monde suffit pour gagner quelques trios et s’amuser. En réalité, avec sa seule petite contrainte, sa DA pétante et juste ce qu’il faut de place laissée à la chance, le jeu n’oblige pas à tout retenir, mais donne l’illusion de le faire.Surtout, on se moque comme des hyènes lorsque Michel se trompe, alors que TOUT LE MONDE sait où se trouve une carte… et on se plante immédiatement après parce que « Ah non, c’était pas là. J’étais sûr pourtant ! ». Ça ne devrait pas marcher. C’est trop simple, trop basique. Et il y a pire. Le trio de sept donne une victoire immédiate, donc injuste, donc géniale. Le mode par équipe, où l’on s’échange des cartes entre partenaires en cours de partie, est encore meilleur. Plus rien n’a de sens, un Memory pour adultes est devenu un incontournable de nos débuts de soirées jeux. C’est la fin de la civilisation.