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Genre : immersive sim à gros pixels
Développeur : Fortune Team (NC)
Éditeur : Fortune Team
Plateformes : Windows, Linux
Date de sortie : NC
Quoique, il faut l'admettre, Fortune's Run entretient un certain lien avec ces glorieux titres, à en juger par la soupe de pixels qui se déverse à l'écran. Pourtant, une fois l’œil accoutumé, nous finissons enfin par distinguer une multitude de détails qui dépeignent une univers riche et charmant. À condition bien sûr d'avoir un faible pour les boîtes de nuit futuristes, les appartements sordides et tout ce qui peut justifier la présence de huit néons 18 000 W au mètre carré.
Fortune's Run est donc un jeu qui nous envoie de gros relents de cyberpunk mais aussi de Star Wars. Aliens qui parlent leur propre langue, contrebandiers... difficile de ne pas y voir une inspiration puisée directement dans les mines de la licence à Mickey. Un mélange qui, au final, semble assez prometteur puisque Fortune's Run donne l'impression de se balader dans les bas-fonds de Star Wars, sans qu'aucune forme de puritanisme ne cherche à adoucir le ton ou les propos.
Mais tout ça pour nous parler de quoi au final ? Difficile à dire, la démo ayant évincé la plupart des éléments-clés du scénario, mais il semblerait que Mozah, l'héroïne, se retrouve malgré elle au cœur d'une conspiration menée par une mégacorporation. Vous savez, le genre d'entreprise pour qui trois morts se résume à « un jeudi avec quelques soucis techniques à l'entrepôt mais c'est bon, Michel a tout remis en marche ». Du classique, dirons-nous, même si l'avancement – encore modeste – du développement nous poussera à rester prudents, en attendant d'en savoir plus.

C'est Thief-Thief bourricot.

Bref, Fortune's Run, ça semble super mignon et doté d'un univers bourré d'aspérités crasseuses, mais qu'en est-il du gameplay ? Encore une fois, le développeur Fortune Team lorgne du côté de la bande à Mickey avec une partie FPS qui s'inspire fortement de Dark Forces en proposant une partie shoot assez classique mais néanmoins efficace, le moindre flingue disposant d'un punch impressionnant. En réalité, Fortune's Run s'échine à vous faire éviter les combats, avec des ennemis certes aussi fragiles que vous, mais qui frappent tout aussi fort.

Fortune's Run devrait être une immersive sim sans pitié.

Qu'il s'agisse d'un sniper planqué à 200 mètres sur un bâtiment voisin ou d'un bidasse qui cherche les toilettes dans un couloir avec son fusil à pompe, tout ce petit monde peut vous renvoyer à votre précédente sauvegarde à la première seconde d’inattention. L'occasion, par ailleurs, de découvrir un système de chargement rapide plutôt sympa pour un FPS, qui vous montre vos dernières actions en rembobinant à toute vitesse.
Et si les ennemis sont sans pitié, il convient alors de faire ce qu'on fait dans toute bonne immersive sim : on furète. On furète à mort même, en contournant via les aérations, les sous-sol et autres faux-plafonds, avant bien sûr d’occire discrètement quelques gardes et trouver les clés et autres indices qui nous permettront d'avancer... ou de se faire choper et de sortir du combat avec des blessures aux jambes, à la tête, au torse et au bras qui nous colleront divers malus, en plus de réduire notre total de points de vie maximum.
Immersive sim oblige, chaque niveau contiendra son lot de PNJ non hostiles, à l'image de cette boîte de nuit pleine de badauds.

Vivement que ce soit Prey.

Fortune's Run devrait donc être une immersive sim sans pitié, qu'il s'agisse de ses combats qui peuvent vous laisser dans un état pitoyable ou de ses séquences de parkour pour contourner les méchants, qui exigeront du wall jump ou quelques acrobaties bien rétro* pour atteindre des plateformes plus ou moins planquées. Une excellente idée, qui permet de rendre les phases d'exploration très dynamiques, mais qui pourrait aussi se heurter à une véritable dichotomie.

Car si d'un côté, ces déplacements nerveux, hérités de Quake III, permettent d'offrir des combats ultra rapides, de l'autre, ils peuvent devenir sévèrement handicapants lorsqu'il faut enchaîner trois sauts millimétrés pour ne pas s'écraser en bas d'un immeuble. Alors, bon, je veux bien être gentil et comprendre que le jeu soit hardcore. Mais pas sûr que ce choix de game design soit des plus judicieux, quand le joueur se retrouve à flipper davantage devant un précipice que devant une salle remplie de gardes.

* Sérieusement, ça fait combien d'années qu'un jeu ne vous a pas fait accroupir à la fin d'un saut pour atteindre une plateforme trop haute ?
Lébo le gropixel, hin ?
Mais haut les cœurs : Fortune's Run n'a aucune date de sortie annoncée et, même si une version anticipée semble envisagée pour cette année, il devrait rester beaucoup de temps à ses deux créateurs pour ajuster le tir et nous offrir une immersive sim comme on n'en a pas vue depuis... pfioulàlà... Deus Ex ? Cherchez pas. J'ai toujours raison.

On va se péter le Build

Lorsqu'on regarde sous le capot, Fortune's Run tourne à l'aide d'une version trafiquée d'Unity, destinée à imiter le rendu du Build Engine de Duke Nukem 3D. Dans les faits, le jeu tourne déjà impeccablement, même dans des niveaux bourrés d'éclairages dynamiques et de personnages. Saluons d'ores et déjà le travail très finaud sur les sprites des PNJ, détaillés en une multitude de variantes pour s'adapter constamment à notre point de vue.