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Genre : Action RPG
Développeur : Warhorse Studios (Tchéquie)
Éditeur : Deep Silver
Plateformes : Windows, PS5, Xbox Series
Date de sortie : 11/02/2025
Il ne faut pas grand-chose finalement pour passer de Kingdom Come : Deliverance, projet de passionnés de Moyen Âge, à Kingdom Come : Deliverance 2, authentique triple A présenté en grande pompe au Summer Game Fest de cette année. Il y a d'abord eu un financement participatif particulièrement fructueux, avec deux millions de dollars récoltés sur la plus grosse partie de 2014. Puis un bouche-à-oreille suffisamment efficace pour écouler six millions d’unités du premier épisode, en tout cas d’après des chiffres dévoilés en février dernier par Warhorse Studios (certainement gonflés par le fait que le jeu était gratuit un temps sur l’Epic Games Store, mais passons).
Une réussite insolente qui pousse donc les Tchèques à doubler la mise pour sa suite directe en faisant tout grandir, de la taille du studio – dont l’effectif est passé de 11 employés en 2014 à 250 bien tassés en 2024 – aux ambitions : « Ce qu’on fait maintenant, c’est ce que nous voulions faire dès le début, mais que nous n’avons pas réussi à faire faute de ressources et d’expérience », expliquait Daniel Vávra, le directeur créatif, en avril dernier. Et pour le coup, à peine le titre lancé, on constate effectivement que la première intention est réitérée et qu’on n’a pas cherché à réinventer la roue. Kingdom Come : Deliverance 2 s’assume pleinement en tant que suite. Pour le meilleur et pour le pire.
Dis donc, toi, tu en as une jolie pomme. Ça serait dommage qu’il lui arrive quelque chose…

Deux Tchèques en bois

Deux parties m’ont été proposées. La première représente le tout début du jeu qui reprend exactement là où le précédent s’arrêtait. Dans le Royaume de Bohême (l’actuelle Tchéquie) du XVe siècle, on retrouve ainsi ce bon vieux Henry, notre protagoniste qui a pris énormément de bouteille, à des années-lumière du jeune paumé que l’on incarne au début de l’épisode original. Il accompagne le potache Hans Capon, son ami et seigneur, missionné avec quelques compagnons pour délivrer un message à un noble local dans le but de s’assurer une alliance contre le roi Sigismond, antagoniste déclaré depuis le premier opus. Rien ne va se passer comme prévu et des bandits tuent tout le monde, à l’exception de notre duo, parti se baigner dans un étang. Que dit-on à la mort ? J’ai piscine. Blessés et en slip, les Laurel et Hardy fuient à la moyenne-nage et doivent leur vie à une vieille alchimiste des bois qui les recueille et panse leurs plaies.

À l’instar du préambule du premier jeu, on nous apprend à combattre à l’épée durant un match d’entraînement. L’étoile pas évidente à déchiffrer qui représente le positionnement de l’arme revient, les QTE pour déclencher les parades également. Les quelques heures passées avec le titre seront insuffisantes pour jauger de la profondeur du système, mais personne ne me résistait en me limitant à la contre-attaque. Je ne serai cependant pas étonné si cette stratégie simpliste devenait inefficace plus tard dans l’aventure.
L’alchimie permet notamment de créer des potions de sauvegarde. Autant dire que ça peut se révéler utile.

Une mamie pour la vie

On nous fait faire quelques menues tâches exigées par la vieille alchimiste, comme localiser à l’aide de la carte et de la boussole un bon endroit dans la forêt pour cueillir des fleurs. Ou enterrer des cadavres, aussi. Bref, diverses activités sylvestres parfaitement anodines. Elle nous demandera enfin de pratiquer l’alchimie dans une espèce de tutoriel assez laborieux. En réalité (et ça, pour le coup, c’était déjà un problème dans l’original), le titre est très peu doué pour nous inculquer le moindre élément. Chaque nouvelle mécanique est systématiquement introduite par des écrans entiers de textes particulièrement indigestes. Les menus, bien que plus beaux, sont toujours aussi difficiles à lire et à explorer.

La deuxième session se déroule dans la ville de Kuttenberg (aujourd'hui Kutná Hora, vous suivez ?), dans lequel un maître d’armes allemand demande à Henry de voler une épée au sein d’une guilde. J’ai personnellement choisi l’infiltration : après avoir crocheté une serrure, je me suis faufilé à l’intérieur où j’ai failli me faire prendre par un garde qui s’est rendu compte qu’une porte était anormalement ouverte. Il ne m’a miraculeusement pas vu alors que j’étais quasiment nez à nez avec lui. En cherchant s’il y avait quelqu’un, il a déverrouillé tous les loquets. La chance : cela m’a permis de repérer la salle de l’épée, de la piquer et de me tailler.
Kuttenberg représente la ville principale de Kingdom Come : Deliverance 2.

Écuyer vos pieds avant d’entrer

Une expérience amusante ! Certainement parce qu’elle s’est bien déroulée. Mon voisin de jeu m’a appris ce qui s’était passé pour lui, qui s’était fait pincer. Grâce à un truchement scénaristique que je vous épargnerai, un tournoi à l’épée qui survient un peu plus tard s'est avéré bien plus facile pour moi que pour lui, car tous ses adversaires portaient de lourdes armures, contrairement aux miens, vêtus de simples tuniques d’entraînement. Une manière rondement menée pour faire en sorte que tous les chemins aillent à Rome, sans sacrifier le poids des conséquences.

C’est qu’on s’y attache à ces personnages parfois sérieux, mais surtout héroïquement bébêtes.

Certes, après quelques heures, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir joué à Kingdom Come : Deliverance 1.5. Évidemment, il est assez énervant de revoir certains défauts criants qu’il aurait fallu prendre à bras-le-corps, notamment quand il s’agit d’interfaces absconses. Aussi, sûrement qu’après 80 à 100 heures (durée de vie annoncée), on se rendra mieux compte de l’interminable liste de petites améliorations dont bénéficie cette suite. Néanmoins, je dois aussi reconnaître avoir été assez triste de déjà devoir reposer ma manette à la fin de cette démonstration. C’est qu’on s’y attache à ces personnages parfois sérieux, mais surtout héroïquement bébêtes, à cette narration légère, ces dialogues et cette ambiance à la bonne franquette. Cet aspect-là, à lui seul, me donne bien envie de m’y replonger en février prochain.