Un film de Pablo Agüero sorti fin août mais que vous devriez encore pouvoir voir dans les bonnes salles.
Nous sommes en 1609, au Pays basque. Sur une dénonciation calomnieuse, six jeunes filles sont arrêtées par l'inquisition espagnole (que, conformément à la coutume, elles n'ont pas vue venir) et jetées en prison en attendant leur interrogatoire, leur jugement expéditif et leur exécution. Pour gagner du temps, elles ont une idée que n'aurait pas reniée Shéhérazade : jouer le jeu, prétendre être vraiment des sorcières, raconter au juge des histoires de sabbats si incroyables, si troublantes, qu'il voudra à tout prix en entendre la fin. C'est là l'idée géniale des Sorcières d'Akelarre : non seulement créer « un film de sorcières sans sorcières », comme l'expliquait le réalisateur Pablo Agüero, mais se demander où réside vraiment la sorcière. Dans la misogynie de l'Église et ses fantasmes de sabbats en forêt ? Dans la lubricité du juge, qui finira envoûté par une paire de fesses aussi sûrement que par un sort ? Après tout, si c'est qu'on a décidé d'y voir, même une innocente comptine fleur bleue peut ressembler à une litanie satanique – et donner autant de pouvoir à celles qui la psalmodient.