Genre : combat 3e personne, roguelite
Développeur : Jordy Lakiere (Belgique)
Éditeur : Jordy Lakiere
Plateforme : Windows
Téléchargement : 5,8 Go
Sortie prévue : NC
Langue : anglais
Prix actuel : 22 €
C’est la vie de ces sympathiques entertainers, ancêtres des streameurs qui avaient en commun avec eux de travailler les jambes à l’air, que s’intéresse We Who Are About To Die. Heureuse idée, si vous voulez mon avis (et même si vous ne le voulez pas, d’ailleurs) : les combats de gladiateurs ont été très peu exploités par le jeu vidéo, alors que, de la gestion d’écurie aux bastons elles-mêmes, ils offrent un paquet d’opportunités en matière de gameplay que Jordy Lakiere, son développeur solitaire – ce qui, vu l’ambition du jeu, est franchement remarquable –, a su très bien exploiter.
WWAATD est un roguelite, où la mort est définitive. Excellente idée puisqu'il s'agit après tout de simuler la vie de types dont la carrière – les veinards ! – s'achevait souvent avant qu'ils aient leurs 43 annuités. En début de partie, on se voit attribuer un gladiateur doté d’un passé et de compétences aléatoires, qu’on va devoir entraîner et guider d’arène en arène jusqu’au moment presque inévitable où il se prendra un coup de gladius entre les omoplates. Un nouveau combattant débutant nous sera alors attribué, lequel bénéficiera de quelques maigres bénéfices accumulés au cours des parties précédentes – et, pour peu que vous ayez pris la peine d’investir dans quelque assurance, d'un petit pécule, voire d'un objet transmis par le dernier trépassé.
Peu importe le type de combat, les grands principes restent les mêmes : WWAATD est un brawler à la troisième personne dans lequel on trouve tous les mécanismes habituels (dash, parade, sprint, coup de pied pour briser la garde de l'adversaire, barre d'endurance qui se vide au fil des combats…), au détail près que les coups peuvent être contrôlés précisément par le déplacement de la souris. Il est donc possible, et même souhaitable, de viser la faille dans l'armure ou la posture de son adversaire, mais aussi de feinter, pour taper là où cela fera le plus mal. Tout cela n'est pas toujours très très précis, et on se demande par moments pourquoi tel coup s'est révélé plus efficace que tel autre, mais la variété des situations et des arènes (dont certaines sont à l'occasion garnies de pièges, histoire d'épicer la formule) compense largement ces petits défauts.
Encore plus que son système de combat, c'est la richesse de ces options qui fait le charme de WWAATD. Certes, là aussi, le jeu est parfois un peu brouillon et l'interface pas la plus pratique qu'il m'ait été donné de voir, mais la quantité d'options disponibles et la nécessité constante de faire des compromis rendent cette partie du jeu au moins aussi intéressante que les combats. S'entraîner plus dur, par exemple, ne se contente pas de coûter plus cher mais inflige également une pénalité à l'endurance au cours du combat suivant. Choisir un match plutôt qu'un autre aura pour effet d'améliorer votre réputation auprès d'un des quatre organisateurs de combats, mais de vous faire mal voir des autres.
Tout cela sans même parler des événements aléatoires (épidémies, recrutement des gladiateurs pour des travaux de force dans la ville…) qui vous donneront également l'occasion de choix difficiles, ni du background de chaque nouveau combattant, qui change le gameplay et la condition de victoire du jeu de façon drastique. Un apprenti forgeron ne pourra vendre son équipement (et devra pour l'emporter faire don d'assez de matos à son maître), un politicien déchu aura beaucoup plus de mal à devenir populaire (mais devra pourtant être adoré d'au moins trois organisateurs), un esclave devra verser la moitié de ses gains à son propriétaire (et ne gagnera sa liberté qu'après avoir accumulé 100 000 points de renommée). Pour un jeu encore en développement, WWAATD est déjà aussi riche que le plus corrompu des sénateurs romains.
We Who Are About To Die souffre encore de quelques bugs et défauts de jeunesse, mais l'originalité de son thème et la quantité d'options qu'il offre – autant lors des combats que dans la gestion de la carrière de son gladiateur – rendent difficile de ne pas le recommander.