Genre: survie
Developpeur: Facepunch Studios (Royaume-Uni)
Editeur: Facepunch Studios
Plateformes dispo: PC Windows, Mac
Config: PC de joueur
Telechargement: 20 Go
Langues: anglais, français
Drm: Steam
Date de sortie: 08/02/2018
Prix: 34 €
| Modifié le le 14 février 2023
Avec ses bases vulnérables à des pillages au cœur de la nuit, Rust compte parmi les jeux multi les plus brutaux, les plus impitoyables. Pour profiter de son monde ouvert fabuleux, bourré de liberté, de beauté et de mystère, il faut donc faire partie d’un groupe de vétérans soudés ou être prêt à veiller jusqu’à l’aube en solitaire. À moins de le transformer en jeu solo.
Hameau solo.
Ma solution à ce casse-tête a été toute simple : héberger mon propre serveur et y démarrer une aventure en étant réellement seul au monde. Je le reconnais, l’idée m’a d’abord paru incongrue tant le PvP ultraviolent et la tension permanente paraissent indissociables de Rust. Les retirer, c’est se retrouver avec… eh bien en fin de compte, avec un jeu de survie solo pas si différent de tous ceux que j’ai déjà poncés. On se retrouve largué tout seul sur une grande île sans rien dans l’inventaire, on coupe des arbres pour choper du bois, on ramasse des fougères pour se faire des habits, on meurt de faim, des loups nous déchiquettent, bref, la routine. Même sans adversaires humains qui rôdent, la première heure reste très intense, jusqu’à ce qu’on ait réussi à se bricoler une cabane fonctionnelle. Après ça, le jeu est beaucoup moins tendu et on peut se consacrer à ce qu’on veut. Par exemple, ce qui a guidé ma partie pendant la première quinzaine d’heures, c’était l’envie d’avoir une base digne de ce nom et agréable à l'œil. Une ambition irréalisable sur les serveurs publics, où seuls les matériaux les plus résistants ont droit de cité et servent à bâtir de grands bunkers rectangulaires. Sans ennemi porteur de lance-flammes ou d’explosifs, j’ai pu ériger un petit chalet en bois puis travailler paisiblement à la création d’une haute tour, avant de tracer les plans d’une grande ferme à ciel ouvert.J’ai la sensation d’être au volant de mon fidèle Seamoth dans un Subnautica terrestre.
La fleur au fusil.
Depuis quelques années, les développeurs de Rust se concentrent sur l’élaboration de contenu avancé, réservé de facto aux clans capables de défendre efficacement leur base ou de survivre aux embuscades adverses. Il y a des voitures et des montgolfières à réparer, des ruines sous-marines, de l’agriculture avec sélection génétique, des ascenseurs, une gestion complexe de l’électricité et plein de lieux spéciaux gardés par des PNJ féroces. D’inaccessibles chimères en temps normal, qui font au contraire de très bons objectifs pour un mode solo improvisé, où elles m’occuperont un après-midi entier au lieu d’être englouties par un gros clan en une demi-heure. Ces activités de haut niveau sont d’autant plus bienvenues qu’en l’absence de quêtes et d’histoire, il faut savoir se donner un but arbitraire, un peu comme on le faisait dans le Minecraft des débuts : de mon côté, en plus des dizaines d’heures passées à peaufiner ma base, j’ai décidé que ma partie serait terminée lorsque j’aurai acquis un hélicoptère et visité le porte-container qui fait parfois le tour de l’île.Toutes les astuces pour ne pas foirer son début de partie.
On ne peut pas dire que Rust soit très sympa avec les débutants, alors voici quelques informations à garder en tête pour ne pas flinguer votre aventure naissante :
Le bon placement : La carte s’affiche avec G. Placez votre base près d’une route (mais pas au nord, il y fait trop froid) car les caisses et barils qui y apparaissent à intervalles réguliers contiennent des composants précieux, en particulier la ferraille qui est la monnaie du jeu et sert pour chaque recherche. Les lieux spéciaux répartis sur toute la carte en regorgent, mais on ne peut pas y aller sans combinaison anti-rad, trouvée dans les caisses.
La fabrique : Au début du jeu vous êtes loin de savoir tout crafter. Un exemplaire de presque chaque objet doit être sacrifié dans la table de recherche afin de déverrouiller sa recette ; assurez-vous donc de construire cette table très vite et d’y rechercher les objets ramassés afin de pouvoir les confectionner par la suite. Si vous cherchez quelque chose en particulier, pensez à consulter grâce à la carte ce que vendent les marchands PNJ. (Il y a toujours des chevaux. Achetez un cheval.)
Une base durable : Ce n’est indiqué nulle part, mais les bâtiments que vous créez se dégradent au fil du temps jusqu’à disparaître. Pour éviter ça, construisez un tool cupboard, qui une fois rempli de ressources protègera votre base de l’érosion. Ah, et pour y réapparaître en cas de mort, ramassez toutes les plantes que vous trouvez pour récupérer du tissu et fabriquez-vous un sac de couchage. Notez aussi que de temps en temps, un hélicoptère surarmé patrouille la carte. Il ne vous attaquera pas si vous ne portez pas d’armes ou de vêtements, mais s’il vous prend pour cible ne vous réfugiez surtout pas dans votre base.
Rien ne se perd : Enfin, ne jetez rien ! Tout a une utilité, et certains endroits spéciaux disposent d’un recycleur, très pratique pour (par exemple) obtenir du métal en début de partie à partir de composants métalliques ou de boîtes de conserve vides.
L’île au trésor.
En attendant, j’ai eu beaucoup à faire. La force de Rust a toujours été de proposer plein d’occupations toutes aussi urgentes les unes que les autres : il faut accumuler des ressources, fouiller des caisses le long des routes à la recherche de schémas de craft, concevoir un détecteur de lumière pour qu’à la nuit tombée le générateur se mette en route et allume automatiquement les lampes de la base… Des tâches délicates que l’on accomplit la peur au ventre en temps normal, mais qui sont ici reposantes et laissent le temps d’apprécier un lever de soleil sur un désert de cactus ou une chevauchée dans la neige au clair de lune. Le gibier qui foisonne et les vilains bandits en combi bleue qui patrouillent insufflent de la vie dans ce monde ouvert dépourvu d’autres joueurs humains, mais quand on veut ressentir le frisson de l’adrénaline, il est toujours possible d’aller explorer l’île. Au fil des années les ruines uniques qui parsèment la carte ont gagné en profondeur et impliquent désormais de se battre contre des IA dans des tunnels sombres à la lueur d’une torche, de ratisser un aéroport pour trouver un passe électronique ou de parvenir à rallumer l’électricité dans une gare de triage. Des expéditions qu’on jurerait pensées pour du solo et qui nimbent le monde de Rust – où rien n’est expliqué – d’une attrayante aura de mystère.
Rouille en or.
Alors non, ce n’est pas du tout pareil qu’un Rust en multi, même si héberger son propre serveur n’interdit pas d’y inviter des amis. Comme on pouvait s’y attendre, l’absence de joueurs hostiles bouleverse chaque pan du jeu. Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est à quel point ces transformations seraient agréables : angoissantes en multi, les randonnées sont relaxantes en solo. Foudroyantes et punitives en multi, les fusillades gagnent en longueur et en tactique en solo. Contraignante en multi, l’architecture du solo s’envisage en toute liberté. Les puristes râleront, mais peu importe : quand je traverse une plaine verdoyante en sifflotant sur mon cheval, j’ai la sensation d’être au volant de mon fidèle Seamoth dans un Subnautica terrestre. Si le prix à payer pour ça est la perte d’un peu de violence, alors je le paie avec bonheur.Comment se lancer dans l’aventure du Rust solo.
Les instructions très claires de Rustafied permettent de créer un serveur en quelques minutes : il suffit de créer un fichier texte, de le renommer pour le transformer en .bat puis de l’éditer (avec un logiciel comme Notepad++) pour y copier/coller quelques lignes de script. Ensuite, un double clic sur le fichier .bat permet de lancer le serveur. Démarrez Rust en parallèle, appuyez sur F1 et utilisez la commande « client.connect localhost:28015 » pour vous connecter.
Le principal inconvénient de cette méthode est qu’elle consomme des ressources et donc que le chargement est plus long : sur ma machine vieillissante, je dois patienter environ 20 minutes avant d’arriver en jeu pour de bon. Pour soulager votre PC et ne pas avoir à vous salir les doigts avec le .bat, vous pouvez envisager à vos risques et périls de passer par l’un de ces nombreux sites (à la fiabilité aléatoire) qui proposent des hébergements de serveurs Rust clés-en-main à partir de 10 € par mois.
Sauvegardes : Dans mon fichier .bat, j’ai rajouté « +server.saveinterval 300 » afin de sauvegarder automatiquement le serveur toutes les 5 minutes. Sinon, un « save » dans l’invite de commande au moment de partir marche tout aussi bien.
Équipement : Rust est basé sur le loot, qui peut parfois être très capricieux. Bredouille après six heures passées à chercher une lampe électrique pour éclairer ma base, je me suis résigné à taper « inventory.giveto "Izual" "ceilinglight" 1 » directement dans l’invite de commande. Peut-être que cette commande vous servira à vous aussi. (N.B. : après l'écriture de cet article, la mise à jour du 3 décembre a corrigé en partie ce problème en rajoutant un arbre de recherche.)