Genre: rogue-like
Developpeur: Arkane Studios (France)
Editeur: Bethesda Softworks
Plateformes dispo: PC Windows, PlayStation 4, Xbox One
Langues: anglais, français
Date de sortie: 11/06/2018
Drm: Steam
Prix: 20 €
| Modifié le le 25 mai 2021
On commet tous des erreurs, dans la vie. Je dis « on », c'est pour généraliser : tout le monde est bien conscient que quelqu'un comme ackboo se trompe beaucoup plus que les autres. Mais voilà, des fois, à Canard PC, on se goure collectivement, comme quand on a décidé, à la sortie de Mooncrash, de l'ignorer au motif que « c'est juste un DLC, pas la huitième merveille du monde » (ce qui constitue le seuil minimum à franchir pour mériter une page dans notre auguste magazine). Aujourd'hui, je le reconnais devant vous : nous nous trompions. Parce que oui, Mooncrash pourrait bien être la huitième merveille du monde.
Xeno phobie.
Dans l'extension Mooncrash de Prey, on se retrouve sur une petite station spatiale à la surface de la Lune. Comme Thalos 1, elle est infestée d'aliens protéiformes et de monstres aux pouvoirs destructeurs. Mais cette fois, il ne s'agit pas juste de trouver un moyen de s'en échapper : il faut le faire avec cinq persos différents à la suite, qui ont tous leurs points forts et leurs points faibles. Surtout leurs points faibles, notez, parce qu'ils démarrent tous avec un arbre de compétences rachitique et remis à zéro. Chacun dispose de particularités utiles, comme le garde qui connaît les mots de passe de toutes les consoles de sécurité ou bien l'ingénieure qui dispose d'une fidèle tourelle automatique, mais pour faire évoluer ces persos il faudra explorer afin de trouver des neuromods. Ceux-ci permettent de débloquer des attributs ou des pouvoirs qui seront conservés après chaque mort, au contraire du contenu de l'inventaire et de la progression dans le niveau. À chaque début de partie, il faut donc fouiller le moindre cadavre pour espérer trouver une arme, des munitions ou des soins.
Comme une fusée.
C'est de cette pauvreté que naît le génie de Mooncrash. Alors que Prey consiste à piocher dans un arsenal très fourni pour surmonter un obstacle en y ayant bien réfléchi à l'avance, Mooncrash exige l'exact inverse. Pour y progresser, chacun des objets du maigre inventaire du joueur doit être utilisé à fond, le plus souvent sans avoir pu peser le pour et le contre. Un chronomètre, qui augmente d'un cran le niveau de difficulté lorsqu'il atteint certains paliers, se charge d'introduire dans chaque partie une tension permanente, encore renforcée par l'absence de sauvegardes et par un épineux système de blessures. Prey est un jeu d'échecs, mais Mooncrash est une course. Privés de la possibilité de prendre le temps de la réflexion et du luxe d'aborder chaque situation avec notre joujou préféré, on tourbillonne à travers les niveaux en poussant chaque gadget dans ses derniers retranchements.
Typhon Tournelune.
Dans ces conditions, chaque partie devient un récit épique. Exsangue et poursuivi par des aliens dans le désert lunaire, on doit passer une porte si vite qu'on préfère la mettre hors-service avec une grenade EMP plutôt qu'attendre qu'elle se déverrouille. Une autre fois, tandis que le chronomètre atteint un seuil critique, on rentre dans un secteur de la station sans électricité et donc sans oxygène, ce qui force à prendre la décision, en une poignée de secondes, de l'explorer en apnée. Atteint par des brûlures au troisième degré qui réduisent la santé à un quart de son maximum, on tente une infiltration de la dernière chance dans le dos de l'énorme monstre qui bloque l'accès à la navette de sauvetage – il se retourne au dernier moment et nous force à nous transformer en tasse de thé pour rouler hors de portée à toute berzingue.