La VR est l'avenir du jeu vidéo, saison 8, épisode 12
Le marché de la VR est bien morne ces temps-ci. Sony domine mollement le secteur avec son PSVR, le Rift et l'Oculus vivotent dans leur coin, la section réalité virtuelle de Steam se peuple gentiment de petits jeux médiocres à 10 ou 15 euros... Mais les choses vont peut-être s'accélérer dans les prochaines semaines. En effet, d'ici la fin de l'année, un paquet de nouveaux casques venus de chez Acer, Lenovo, Dell, HP et même Samsung vont arriver sur PC. Ce tir groupé correspond au début d'une grande offensive planifiée par Microsoft, qui veut promouvoir l'utilisation de sa variante de la réalité virtuelle – la mixed reality – sous Windows 10. Sortir du matos, c'est bien (surtout que ces casques sont annoncés à des prix modérés, généralement sous les 400 dollars), mais encore faut-il des jeux et des applications innovantes pour donner envie aux gens de les acheter. Et dans ce domaine malheureusement, les annonces renversantes ne se bousculent pas au portillon.
L’heure de la grosse Commission
Avec l’annonce de 1 294 188 noms vérifiés sur le million requis, Moritz Katzner, un des bénévoles du mouvement Stop Killing Games, confirme sur Reddit que la barre a été définitivement franchie et que la demande va être examinée de façon formelle par la Commission européenne. Mieux que ça, avec un taux de signatures invalidées arrêté autour des 10 %, la pétition qui réclame aux éditeurs de cesser de nous vendre des jeux au prix fort avant de les rendre inopérants quelques années plus tard fait partie des démarches les plus fiables en la matière. C’est désormais tout un dossier qui doit être remis à la Commission : des documents et des stratégies qui ne peuvent, pour le moment, pas être dévoilées par l’équipe, car cela pourrait « faire fuiter des informations aux lobbys » qui sont évidemment, et sans surprise, vent debout contre cette proposition au bénéfice du consommateur. K.
Juge et parties
Voler de l’or, de surcroit avec un prix de l’once qui atteint des sommets, c’est évidemment puni par tout magistrat qui se respecte. Mais qu’en est-il de l’or de jeu vidéo ? C’est la question qu’a tranché le juge britannique John Popplewell au détour de l’affaire d’un ancien employé de Jagex, l’éditeur de Old School RuneScape, qui a hacké 68 joueurs afin de les délester de leur métal jaune virtuel, avant de revendre contre quelques Bitcoins le fruit du larcin estimé à 700 000 dollars. La décision du 14 janvier, sacrément développée, considère que oui, et souligne de nombreux aspects techniques qu’on ne va pas détailler ici, mais il est entendu que farmer de l’or dans OSRS, c’est long sa mère, et qu’une fois qu’on t’a piqué ton or, ben, tu peux plus t’en servir. Le juge ne punit cependant pas le vol sur les PNJ, ce qui, d’après certaines ONG, reste une véritable injustice. K.
Tenu en haute esteam
Si d’aventure il vous venait l’envie de travailler pour Pocketpair, le développeur japonais derrière Palworld (ce mélange étrange entre Ark et Pokémon) et Craftopia (un ersatz de Zelda : Breath of the Wild), j’espère pour vous que vous n’avez pas touché à trop de manettes au risque de ruiner vos chances. Car figurez-vous que, dans une discussion publiée sur les réseaux sociaux et rapportée par Automaton, Takuro Mizobe, le patron, explique que leur premier réflexe dans leur processus de recrutement, c’est de jeter un coup d’œil aux nombres d’heures que vous avez passées sur des jeux Steam. Le boug va jusqu’à préciser que, même si vous avez une expérience similaire sur PlayStation ou Xbox, vous serez refusé si vous n’avez aucune heure sur Steam. Étonnant, je m’étais dit que, pour recopier les devoirs de Pokémon et de Zelda, le prérequis aurait été plutôt d’avoir passé du temps sur Switch. K.
Fable, pour ceux qui croient encore aux contes de fée
Voilà, c'est official, le nouveau Fable sortira cet automne. Rappelons que ce reboot de la franchise, tombée en disgrâce depuis une bonne décennie, sera un jeu de rôle/action en monde ouvert édité par Microsoft et développé par Playground Games, qui a hérité du bébé à la mort du studio original, Lionhead. Lors du Xbox Developer Direct, ils ont ressorti tous les poncifs du genre, notamment l'inévitable « This game is all about choices and consequences » et l'inclusion d'un PNJ-vedette (ici Richard Ayoade de la série télé The IT Crowd), mais le jeu semble relativement mignon et soigné. Surtout, les fans affamés de la franchise peuvent se permettre un peu d'optimisme, puisque Peter Molyneux n'est plus aux commandes (il est parti sur le city-builder Masters of Albion, qui sort en avril). A.
Suite à l'annonce de sa grosse restructuration le 21 janvier, l'action Ubisoft a perdu un tiers de sa valeur en quelques heures. Elle valait plus de 100 euros en 2018, elle en vaut moins de cinq aujourd'hui. A.
Ubisoft : retour à la mine
Ubisoft se lance dans une grande réorganisation stratégique. L'éditeur français se divise en cinq « Creative Houses » autonomes, chacune héritant d'un budget distinct et d'un portefeuille de jeux à développer. La « CH1 », par exemple, chapeautera les trois grandes licences historiques (Assassin's Creed, Far Cry, Rainbow Six) tandis que la « CH4 » récupère Anno, Might & Magic, Prince of Persia et Beyond Good & Evil. En clair, c'est un découpage du trop gros paquebot qu'était devenu Ubisoft, pour espérer gagner en agilité. Au passage, six jeux sont annulés (dont le remake de Prince of Persia : Sands of Time) et sept sont retardés. Et pour motiver les équipes, l'éditeur a la brillante idée, en 2026, de massacrer la qualité de vie de ses salariés en supprimant le télétravail, avec la même excuse bidon de vouloir « renforcer la collaboration ». Car oui, tous les employés du secteur tertiaire peuvent en témoigner : on bosse beaucoup mieux dans un open space bruyant après s'être tapé une heure de transport en commun que bien au calme chez soi. A.
Le mod payant, ce concept audacieux
CD Projekt vient d'obliger un certain « LukeRoss » à retirer d'Internet son mod Cyberpunk 2077 permettant de jouer aux aventures de V sous un casque de réalité virtuelle. Il faut dire que ce créateur a poussé le bouchon un peu loin, puisque son mod est en pratique payant, uniquement accessible aux utilisateurs lui envoyant dix dollars par mois sur Patreon. C'est d'ailleurs pour la même raison qu'en 2022, Rockstar lui avait demandé de supprimer ses mods VR pour GTA V et Red Dead Redemption 2, dont il retirait un confortable revenu mensuel de 20 000 dollars. Si tous ces gros studios font la chasse aux mods VR, c'est sûrement parce qu'ils préparent une version réalité virtuelle de leurs jeux. Hein ? Pas vrai les gars ? Vous nous sortez ça quand ? A.
Hooded Horse : pas d'IA chez moi
Tim Bender, patron de l'éditeur Hooded Horse, qui a sorti un paquet de titres remarqués ces derniers temps (notamment Manor Lords et mon GOTY du siècle, Workers & Resources : Soviet Republic), s'est exprimé chez Kotaku à propos de l'utilisation de l'IA générative dans les jeux vidéo. Et il est tellement colère qu'il utilise même des gros mots : « Je déteste l'IA générative, et cette merde a rendu ma vie bien plus compliquée, parce qu'elle infecte tout [...] Maintenant, on stipule dans nos contrats d'édition : pas de putain d'art IA. » Il explique ensuite que les graphismes générés par IA sont un véritable cancer pour l'industrie, et qu'il déconseille même à ses studios partenaires de les utiliser pour le prototypage de leur jeu – ils peuvent oublier de les supprimer sur la version finale, c'est arrivé récemment sur Clair Obscur : Expedition 33. A.
Foxhole continue de faire son trou
Neuf ans après sa première version anticipée, le MMO Foxhole continue sa petite vie, loin des projecteurs, mais avec une popularité qui ne se dément pas. Le studio canadien Siege Camp annonce donc Foxhole Airborne, une énorme mise à jour qui rajoute toute une composante aérienne à la gigantesque guerre perpétuelle que se livrent les deux factions du jeu. Avec bien sûr tout ce qui a fait son succès : il faudra que les joueurs collaborent étroitement entre eux, notamment au niveau logistique, pour entretenir, réparer, réarmer des avions embarquant chacun plusieurs joueurs (pilote, mitrailleurs, bombardiers etc) dans des raids aériens contre des cibles terrestres et navales. De quoi prolonger la vie d'un des rares MMO qui récompense davantage la coopération et l'entraide que la toxicité et les m4d sKiLLz. A.
C'est tous les jours Noël pour Gabe Newell
D'après le cabinet d'étude Alinea Analytics, Steam a pété tous ses records de ventes à Noël dernier, avec 1,6 milliard de dollars de revenus. Le précédent high score, 1,4 milliard sur un mois, datait de 2020, l'année de la COVID. Les microtransactions sur Counter Strike restent la vache à lait numéro un de Valve (et c'est bien triste), mais cette avalanche de pognon vient aussi du succès inattendu d'Arc Raiders, dont Steam a écoulé 250 000 exemplaires dans la seule journée du 26 décembre (le jeu dépasse aujourd'hui les 12 millions d'unités vendues, dont sept millions sur Steam). Les autres grands gagnants de Noël sont notamment PEAK, Battlefield 6 et deux vieux jeux bradés à moins de quatre euros, Detroit : Become Human et Icarus. A.
Silent Firing
Dès février 2025, Canard PC révélait les licenciements chez les Français de Leikir Studio. Passé sous le giron de PULLUP Entertainment (ex-Focus) depuis 2022, le studio avait sorti les plutôt bons Synergy et Metal Slug Tactics et on l'espérait sorti d'affaire. Visiblement pas, car l'éditeur vient d'annoncer la fermeture du studio. Enfin « annoncer » est un bien grand mot, car c'est au détour d'un article chez Boursorama (la référence des gamers) que l'on découvre cette fermeture brutale. C'est d'autant plus agaçant que l'éditeur affiche de bon résultats, essentiellement grâce à l'année fantastique de Warhammer 40,000 : Space Marine 2. On souhaite aux développeurs de rebondir au mieux. P.
Vous êtes VRés !
Meta a récemment licencié près de 10 % des effectifs de sa division Reality Labs et fermé plusieurs studios, dont Twisted Pixel Games et Sanzaru Games. Bref, après avoir affirmé longtemps que la VR, c’est l’avenir, le futur, quelque chose d’inratable, Meta nous explique aujourd’hui qu’en fait non, c’est de la merde et que tout doit aller vers l’IA qui est l’avenir, le futur, quelque chose d’inratable. Dernière victime en date : la suite de Batman Arkham Shadow serait tout simplement annulée. Heureusement, il nous reste le Metaverse. Comment ça non ? P.
Tar' ta gueule à la récré
Bully Online, un mod qui ajoute un mode multijoueur en ligne au jeu de Rockstar, a ouvert il y a un mois. Sa rentrée ne semble pas s'être très bien passée, car il est déjà fermé. Ses créateurs ont tiré le rideau, sans plus d'explications, au grand dam des fans de l'original de 2008, pour lesquels Rockstar ne semble pas vouloir développer une suite ou un remaster. Alors je n'étais pas dans les couloirs au moment des faits, mais j'ai ma petite idée. Je ne tomberais pas d'un arbre si l'on apprenait dans quelque temps que ce sont les grands de la classe « service juridique » de Rockstar qui sont encore allés taper les petits pour leur voler leur goûter. On a bien essayé mille fois de raisonner leur maison-mère, mais rien à faire. Pas assez de cadre et trop d’argent de poche, ça fait des petits voyous moi je vous dis. P.
Le 13 janvier est sorti en accès anticipé Hytale, le Minecraft 2.0 abandonné et annulé par Riot et repris par ses développeurs (Hypixel Studios). Un bon concurrent pour le record de Time to Penis cette année. P.
IA d'la joie
Jensen Huang, le PDG de Nvidia, est tout colère. La raison ? Tous ces pisse-froid qui tiennent un discours critique sur l’IA, appellent à des réglementations ou des réflexions, s’interrogent sur les impacts de la technologie sur l’information ou l’emploi. Bref, les empêcheurs de croître en rond. Lors d’un épisode du podcast No Priors, il fustige ces enquiquineurs et leur discours qui « n’est utile ni aux gens, ni à l’industrie, ni à la société, ni aux gouvernements ». Le fait que les ventes aux data centers rapportent tellement plus que tout le reste passe au second plan et que sa fortune personnelle ait grimpé de plus de 100 milliards d’euros en quelques années n’ayant – bien entendu – rien à voir. P.