L'honneur retrouvé de Dishonored
En août, les Lyonnais d'Arkane annonçaient qu'après deux épisodes grandioses, la franchise Dishonored était « au repos ». S'ensuivirent de déchirantes lamentations chez les fans de Corvo et Emily, qui résonnèrent jusqu'à la rédaction de Canard PC. Mais l'inévitable Pete Hines, vice-président de Bethesda, dont la maison-mère Zenimax possède aussi le studio français, a tempéré cette déclaration. « Vous savez, Arkane a deux studios. Ils bossent sur un certain nombre de projets. Les fans ne doivent pas s'inquiéter pour Dishonored... », dit-il au site GameCentral. Notre analyse de professionnels de la profession : il y aura bien un Dishonored 3, mais Arkane veut prendre son temps pour changer la formule. Tenez, par exemple, en abandonnant le côté linéaire des deux premiers épisodes au profit d'un monde ouvert, un peu comme les Assassin's Creed. En tout cas, c'est pour cela que je brûle des cierges à l'église tous les soirs. A.
After the Wane, le prochain jeu du studio bordelais Nova-box, vient tout juste d'avoir une date de sortie : c'est prévu pour le 10 novembre prochain, et la démo est toujours disponible sur Steam si vous voulez vous faire une idée. ER.
À plus dans le bus
Tout juste repassé indépendant depuis sa séparation forcée avec Xbox, le studio Double Fine vient d'annoncer son prochain titre : ça s'appelle Thank You Bus Driver (j'adore déjà le titre, j'espère que vous faites aussi partie de ces personnes qui remercient systématiquement le conducteur au moment de descendre à votre arrêt), et vous y incarnez un chauffeur de bus qui doit faire respecter différentes règles à chaque trajet. La bande-annonce nous montre, par exemple, un périple vers un silo à grains où le coupage d'ongles de pied et les coups de fil sont strictement prohibés. Ça a l'air foutraque à souhait, et je suis très curieuse d'incarner ce chauffeur qui dispose d'une interprétation toute personnelle du code de la route, mais aussi d'un bras élastique qui lui permet de gifler violemment les usagers qui iraient à l'encontre de son autorité. ER.
Microsoft instaure un plafond d'heures mensuelles pour le Cloud Gaming du Game Pass et facturera le reste à l'heure. Pas de panique, assure le géant : cela ne toucherait que 4 % des joueurs. Bref, si vous rentabilisez un peu trop votre abonnement en jouant beaucoup en Cloud, vous repasserez à la caisse. Remercier les clients fidèles, c'est important. P.
KKK d'école
La Maison-Blanche vient d'atteindre un niveau supplémentaire de cynisme politique (si si, c'est encore possible) en publiant deux jeux rétro sur son site officiel. Le premier, un clone de Snake, vous glisse dans la peau de Tom Homan pour rafler un max d'immigrés le long du Rio Grande et les expulser. Le second, un pastiche de Tetris intitulé « Protégez la frontière », vous demande d'empiler des briques pour bloquer « la horde ». Transformer deux monuments de l'histoire du jeu vidéo en outils de propagande racoleuse et facho, c'est un concept. On attend avec impatience leur prochain titre : un Paperboy où l'on jette des avis d'expulsion. Monde de merde... P.
Nexon prépare le terran
Selon le quotidien coréen Chosun, Nexon (le studio d'Arc Raiders) serait sur le point de signer avec Blizzard pour développer un nouveau StarCraft. Un « contrat proche d'être finalisé », chuchote un « responsable senior » resté anonyme, comme d'habitude. Vingt-huit ans après sa sortie, StarCraft squatte toujours le top 10 des jeux les plus joués dans les PC bang coréens, ces temples des LAN qui refusent de mourir. De quoi donner des idées à n'importe quel éditeur en manque de licence increvable. Petit bémol qui pique : le boss de Nexon, Junghun Lee, est aussi celui qui a déclaré qu'il fallait « supposer que tout le monde utilise l'IA générative » en développement. Reste à savoir si Blizzard glissera une clause anti-IA dans le contrat, histoire d'éviter l'émeute chez les fans. Pendant ce temps, Blizzard planche discrètement sur son propre spin-off StarCraft, un FPS en monde ouvert dont on pourrait apercevoir un bout à la BlizzCon. Deux StarCraft en 2026, cela n'était pas sur mon bingo. P.
Un rachat dans le visage
SteamDB, le site que la moitié de la rédac' rafraîchit plus souvent que ses mails, change de mains. Son créateur solitaire, xPaw, a filé les clés à Nexus Mods, plateforme reine du mod qui promet de garder « le nom, la marque, la communauté ». Traduction : on va monétiser tout ça, mais sans changer la déco trop vite. En cause : « la charge mentale » d'un site géré seul pendant des années, et un bon vieux coup de blues. « Après le Covid et avec la montée de l'IA, l'Internet qu'on aimait a disparu, et ma passion avec », confie le développeur, dans ce qui restera comme le post LinkedIn le plus déprimant de la rentrée. Nexus, lui, lorgne surtout les archives de SteamDB, une quantité incroyable d'informations sur les versions de jeux, les dépôts, les manifestes, les fichiers et l'historique des mises à jour, vitales pour réparer les mods qui claquent à chaque update. Bilan : encore un bout du bon vieux web indé qui passe sous pavillon corporate. P.
Double Fine repasse par Kickstarter avec une promesse : Brütal Legend 2 verra le jour si la cagnotte atteint 100 millions. Un bon troll d'indé fraîchement libéré de Microsoft, vu que le record absolu plafonne à 47M$. Mais qui sait, sur un malentendu... Le metal vaincra. P.
Oublivion
Ah, la magie de la mémoire patronale. Michał Nowakowski, co-PDG de CD Projekt Red, vient d'offrir une relecture magistrale de l’histoire : si Cyberpunk 2077 est sorti complètement cassé fin 2020, ce n'est pas la faute des patrons, mais parce que « l'équipe voulait le sortir, car elle était fatiguée ». Le directeur oublie juste un détail : le crunch obligatoire de six jours par semaine imposé aux développeurs avant le lancement. Forcément, quand on vous enchaîne au bureau 70 heures par semaine sous Covid, on a très envie que le jeu sorte, pour pouvoir revoir le soleil et ses enfants. Résumer la fatigue d'un studio soumis au travail forcé à une simple « envie de passer à autre chose », c'est un pur chef-d'œuvre de com'. La prochaine fois, ils nous expliqueront que les galériens ramaient vite parce qu'ils adoraient le tempo du tambour. P.
Élan Musk
Après dix ans à nous apprendre qu'on peut mourir de froid en mangeant des haricots périmés, Hinterland découvre le vrai sens du mot survie. Face à la crise du secteur, les Canadiens lèvent le pied sur la suite (Blackfrost) et renvoient les développeurs tricoter des DLC sur le premier The Long Dark. L’explication officielle vaut son pesant de pemmican : l’industrie est « incertaine » et la situation géopolitique « compliquée ». Traduction : lancer un nouveau jeu aujourd'hui, équivaut à sortir en slip dans un blizzard à -40 °C. Résultat, le studio préfère réinjecter du contenu dans sa valeur sûre. C’est une stratégie qui me convient : plutôt que de risquer l'hypothermie financière avec un nouveau titre, ils réchauffent la délicieuse boîte de pâté entamée il y a dix ans, sans virer personne. P.
Paroles paroles paroles
Chris Robert est un artiste, un funambule qui glisse d'excuse en excuse depuis si longtemps que l'on a perdu le fil. Au bout d'un moment, on pensait toutefois qu'il allait tomber à court. Mais Chris a de la ressource. Cette fois, Squadron 42 est repoussé à 2027 pour « éviter la broyeuse médiatique de GTA VI ». L'excuse est sublime : le jeu censé sortir en 2016 s'écarte sagement face à un rouleau compresseur console qui ne sort même pas sur PC, de peur d'éclipser les trois pèlerins qui lisent encore ses devlogs. C'est beau. Rendez-vous en 2037, quand Rockstar teasera GTA VII et que Chris nous expliquera qu'il doit d'abord peaufiner la plomberie de ses vaisseaux. En attendant, remettez 500 balles dans un PNG de vaisseau, ça l'aide à patienter. P.
La nouvelle fête de l’Humankind
Le studio français Amplitude dévoile Humankind 2, la suite de son solide 4X historique sorti en 2021. Il faudra encore une fois faire prospérer l’humanité à travers les âges, en y incorporant les aspects culturels et technologiques issus d’une des civilisations qui ont marqué l’histoire. Parmi les nouveautés, la gestion du changement climatique, ce qui peut apporter des dilemmes intéressants quand il s’agira de choisir entre bénéfices immédiats et s’éviter d’avoir à payer les pots cassés pendant des siècles. La bande-annonce du jeu prévu pour 2027 est suspectée par certains d’avoir été faite à l’aide d’IA générative. Accusation immédiatement démentie par Amplitude, qui a donné le nom du studio de tournage et promis la diffusion prochaine d’un making-of. Morale de cette histoire, si vous produisez quelque chose, gardez toujours les factures, car tout le monde est désormais parano. K.
Les rumeurs étaient fondées : Lego Skylines est en préparation, comme nous le confirme une bande-annonce diffusée en marge de la Gamescom, édité par Paradox et développé par Iceflake Studios (ceux qui ont repris le flambeau de Cities : Skylines II). Aucune fenêtre de sortie n’a encore été communiquée. K.
Démat, redémat et disque de der
Microsoft annonce officiellement l’arrivée d’une fonctionnalité de dématérialisation des jeux physiques pour Xbox Series et Xbox One. Le principe est simple : on insère un disque compatible dans une Xbox et on rattache une licence d’utilisation en ligne à son compte pour le logiciel correspondant, ce qui rend possible de le lancer depuis n’importe quelle machine connectée à ce compte. Le disque reste utilisable après l’opération, même s’il ne donne droit qu’à une seule licence qui est transférable en cas de revente de la galette, par exemple. Les membres du programme Xbox Insider peuvent commencer à tester cette fonctionnalité dès le 31 août. Si cette annonce semble représenter une forme de meilleur des deux mondes, elle laisse aussi planer un sacré doute sur le fait que la prochaine Xbox soit capable de lire des disques (surtout que Sony a déjà crevé l'abcès). Je dis ça, je dis rien. K.
Sony donne l’EULA
Alors que tout le monde est unanimement ronchon à cause de la volonté de Sony d’arrêter la production de versions disques pour les jeux PlayStation sortis après janvier 2028, le constructeur ne trouve rien de mieux à faire que d’envoyer des mails automatisés pour rappeler les conditions d’utilisation de ses services. Des conditions qui expliquent noir sur blanc, que, concernant les titres dématérialisés, « vous détenez une licence du logiciel, il ne vous est pas vendu » et qu’en aucun cas, le client n’a le droit de faire des choses qui étaient parfaitement possibles avec des jeux physiques, à savoir les prêter, les donner ou les revendre. Le timing de ce rappel est d’autant plus cocasse qu’il intervient quelques jours avant une tentative de boycott des services PlayStation d'une semaine par des gens qui, justement, se soucient de ce recul net des droits du consommateur. K.