Toujours parmi nous
Among Us n'est plus aussi populaire qu'en 2020, mais il se porte toujours très bien, merci pour lui. Il fait encore des pointes à plus de 70 000 joueurs par jour, ce qui le maintient dans le Top 50 des jeux Steam les plus pratiqués, deux ans et demi après sa sortie, et un an après sa miraculeuse résurrection. Son développeur, le studio américain Innersloth, l'a même mis à jour récemment avec une nouvelle carte, un lobby à 15 joueurs et une petite remise à niveau graphique. Oh, pas de quoi relancer le jeu si les animations à 30 FPS et les pixels baveux vous ont rebuté. Pour cela, il faudra sûrement attendre Among Us 2, qui n'a toujours pas de date de sortie. A.
C'est le noooord !
En Corée du Sud, le député indépendant Han Dong-hoon a trouvé le moyen ultime de tacler la politique de sécurité du président Lee Jae Myung : lui recommander chaudement de s'enfiler la campagne de Call of Duty: Modern Warfare 4, dont l'intrigue imagine une invasion frontale du pays par le voisin du Nord. Selon l'élu, c'est le support idéal pour mesurer la dévastation potentielle d'un tel conflit et revoir d'urgence la préparation militaire du pays, en servant d'électrochoc face a ce scénario. Quand les hommes politiques commencent à utiliser le jeu vidéo d'Activision comme manuel de stratégie de défense nationale, on se dit que le monde va décidément de mieux en mieux. On espère qu'il en profitera pour refaire la campagne de Gear of War : E-Day, au cas ou des Locustes viseraient un jour le pays, ou celle de DOOM : The Dark Ages, si des démons s'y collent à leur tour. P
À un budget de pierre
Voilà ce qui s’appelle tomber juste devant la ligne d’arrivée : le futur Chronicles : Medieval, qu’on a pu voir à la Gamescom cette année et qui ressemblait tout de même follement à un Total War, était quasi prêt pour son accès anticipé, prévu pour début 2027, mais le studio Raw Power Game vient de perdre un financement important et se retrouve dans la panade. « Sans ce financement, nous ne pouvons plus développer Chronicles : Medieval, et le studio risque sérieusement de fermer ses portes », déclarent-ils. Forcément, on se demande si le budget mis pour avoir Tom Hardy comme narrateur dans le premier trailer d’annonce du jeu il y a un an n’était pas finalement une dépense un peu hâtive. P.
Il a faillite réussir
Toshihiro Nagoshi, le papa historique de la saga Yakuza, aura finalement perdu face à la dure loi du marché . Après avoir quitté Sega pour fonder son propre studio sous giron NetEase, la messe est dite : Nagoshi Studio a officiellement fermé ses portes , emportant dans sa tombe son futur jeu d'action Gang of Dragon (avec l'acteur Ma Dong-seok en tête d'affiche). Entre des coûts de développement qui s’envolaient (réclamant des dizaines de millions de dollars supplémentaires) et un soutien financier de NetEase s'étant évaporé en cours de route, le studio aura fait long feu. Vouloir s'affranchir des grands éditeurs pour finir par se fracasser sur la dure réalité des budgets limités, c'est la triste routine de l'industrie. On se doutait depuis des mois de cette issue, mais c'est toujours triste de retrouver le corps. P.
Des ID noires
Après la « restructuration », en forme de monumentale claque, imposée par Xbox au studio id Software, beaucoup de personnes se demandent si le studio est ne serait-ce qu’en mesure de continuer à sortir des jeux. Le co-directeur du studio, Marty Stratton, dans une conférence de presse a tenu un discours si positif qu’il en devient suspect. « Nous nous en sortons très bien », déclare-t-il avant d'enchaîner « tout le monde sait que près de la moitié de notre studio a quitté l'entreprise. Mais nous avons déployé des efforts considérables pour garantir notre viabilité à la sortie de cette crise ». Ce que l’histoire ne dit pas, c’est qu’en même temps, il distribuait de petits mots pliés en deux aux journalistes : « Sortez-moi de là ! On n’est plus que trois avec un pentium 486 et deux agrafeuses. Gérard a déjà essayé de se pendre deux fois avec le câble de la souris. Sauvez-nous ! ». P.
Depuis peu, on n’indique plus la taille des jeux dans nos tests. Mais là, je me sentais dans l’obligation de vous prévenir que vous devrez télécharger jusqu'à 212 Go de données pour installer GTA VI. Un beau bébé qui n’a cure des prix stratosphériques qu’a pris le stockage récemment. K.
Circulez, IA rien à voir
Les mauvais retours du dernier Steam Néo Fest ne sont pas passés inaperçus, ni par les joueurs contraints de naviguer dans une masse de slop IA vibecodé ni par des développeurs invisibilisés et exposés à se faire pomper leur travail par des opportunistes. Des membres de l’équipe commerciale de Valve ont été interpellés lors d’une conférence en Corée et, pour rester poli, on dira que la réponse n’a pas été des plus satisfaisante : « On ne veut pas avoir à dire aux développeurs quels outils ils devraient ou pas utiliser. […] Plutôt que de se reposer sur une mécanique unique facile à copier, vous devez développer votre jeu en ajoutant des fonctionnalités, de la personnalité et de la créativité qui vous sont propres. » Après, on comprend pourquoi Steam ne se sent pas plus concerné que ça. Qu’il vende un jeu de bonne foi ou sa version plagiée, pour eux, c’est toujours 30 % d’empoché. K.
Les rois du slop 50
Sur la demande du site GameIndustry.biz, l’agence d’étude de marché Sensor Tower a rendu un rapport se penchant sur la nature des jeux qui ont bien marché sur console et PC depuis deux ans. Le résultat est plutôt enthousiasmant : d’une année sur l’autre (en l’occurrence, l’année scolaire 2024-2025 et 2025-2026), Sensor Tower note une hausse du nombre de titres qui ont dépassé le demi-million d’exemplaires vendus en un mois, de 55 à 76. On remarque également une belle progression de la représentation des jeux indépendants qui passent de 13 à 33, mais aussi des non-suites, qui passent de 21 à 40. Il semble donc que la prise de risque et l’innovation aient davantage payé sur cette année que la précédente, mais on s’en doutait un peu, il faut dire, en particulier après les succès insolents de certains titres friendslop, comme Meccha Chameleon et How to Fish. K.
Sauvegarde qui peut
Tic-tac, tic-tac… Le temps commence à sérieusement presser pour le studio parisien Don't Nod dont les finances continuent de fondre comme neige au soleil. Raillant une « anticipation avec 18 mois de retard » dans un communiqué passablement agacé, le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo prend acte de l’annonce du placement le 19 octobre de l’entreprise en procédure de sauvegarde, qui devrait lui faire gagner du temps en gelant une partie de ses créances. Un dispositif qu’il faut distinguer du second plan de sauvegarde de l’emploi qui continue son cours et qui verra jusqu'à 85 personnes perdre leur poste sur les 140 encore en place. En la matière, le STJV dénonce la désignation par la direction de catégories professionnelles trop nombreuses et précises, leur permettant de sélectionner qui peut rester et partir, alors que le ciblage individuel dans une telle procédure est interdit. K.
Démo… tivés
Sortir une démo sur Steam, jusqu’à présent, c’était du gagnant-gagnant-gagnant. Gagnant pour les joueurs qui peuvent s’essayer gratos à de nouveaux titres, gagnant pour les développeurs qui peuvent faire leur pub et engranger les wishlists, et gagnant pour Steam qui touche 30 % des ventes de ces mêmes jeux à la fin. Sauf qu’aujourd’hui, avec l’IA, et en particulier l’arrivée de Claude Opus 5.5 d’Anthropic, il est possible de prendre une démo, de la décompiler (c’est-à-dire, récupérer un code analogue exploitable) et de coiffer au poteau les développeurs originaux en sortant une version vibecodée. On voit ainsi des studios, comme Digital Sun Games ou Alliance Arts, annuler leurs démos de, respectivement, ReVamp et Drunken Goddess Reflux, par peur de se faire arnaquer. C’est tout pour cette fois ! À demain pour un nouveau numéro de « Qu’est-ce que l’IA a bien pu gâcher aujourd’hui ? ». K.
Au détour d’un article de Fortune à la gloire d’Asha Sharma, la patronne de Xbox, on apprend que la division pense que sa prochaine console, la fameuse « Helix », coûtera entre 1200 $ et 1800 $ au consommateur. Relativisons : en 2027, un tel tarif devrait correspondre à un demi-plein d’essence. K.
Pour avoir des puces, on peut toujours se gratter
Vous savez ce qui est pire qu’une pénurie de RAM ? Une pénurie de RAM causée par des gens qui n’en ont pas vraiment besoin, de RAM. C’est ce que rapporte Business Insider qui décrit une véritable course à l’échalote à laquelle participe notamment Amazon pour des puces qui finissent par prendre la poussière dans des entrepôts, faute de datacenters fonctionnels pour les accueillir. Bravo les champions. D’après le journaliste critique de l’IA, Ed Zitron, cet emballement est principalement dû à Nvidia, qui met la pression à ses hyperscaller de clients pour acheter vite vite vite un max de puces, car, vous comprenez, sinon, on n'est pas certain d’en avoir quand vous en aurez vraiment besoin et ça serait dommage. Et pendant ce temps-là, côté consommateurs, à cause de cette pénurie créée de toutes pièces, tout augmente : des barrettes de RAM aux consoles en passant par les smartphones. K.
Il faut sauver le soldat Arkane
[Mise à jour du 29 octobre : prise en compte du report d'un mois de l'ultimatum] Personne n’est dupe : si Arkane n’est pas encore fermé par Microsoft, actuellement en pleine folie meurtrière de ses studios, c’est parce que le Code du travail français ne tient pas sur un timbre-poste, contrairement à celui d’outre-Atlantique. Le Monde rapporte que deux syndicats tirent la sonnette d’alarme quant au mauvais état des négociations avec Microsoft ainsi qu’à l’ultimatum qu’il impose au studio, celui du 13 décembre selon PC Gamer, date à laquelle le processus de fermeture commencera, sauf si un tiers se manifeste pour un rachat. Jason Schreier, plus optimiste, estime que condamner l’entreprise n’en vaut pas la chandelle tant la loi française rend coûteuse une telle hypothèse. Son petit doigt lui souffle même que plusieurs pistes crédibles pour reprendre l’équipe et son projet Marvel’s Blade sont sur la table. Quant aux nôtres, de petits doigts, il ne nous reste plus qu’à les croiser. K.
Bonjour, vous vous souvenez du merveilleux Katana Zero ? Moi oui, et je me souviens aussi très bien du jour où le développeur a annoncé bosser sur un DLC, il y a approximativement soixante-dix mille ans : eh bien, sachez que ce DLC devrait finalement avoir l'amplitude d'une vraie suite, et j'ai beaucoup trop hâte. ER.
Encore démos, toujours démos
Je suis une femme simple, je vois une démo au nom aguicheur sur Steam pendant le Néo Fest, je clique, et c'est comme ça que je me suis retrouvée à jouer à How to Ride Elevators like a Human, un jeu où l'on incarne la main toute puissante d'un extraterrestre pour déplacer des humains dans un ascenseur, de manière à ce qu'ils n'aient pas à échanger de regard gênant entre eux. C'est aussi ce qui m'a fait cliquer sur My Arms Are Longer Now, où l'on incarne un bras géant qui peut se télescoper dans des rames de métro pour y semer la zizanie. Je ne sais pas de quoi l'avenir du jeu vidéo sera fait, mais j'espère sincèrement qu'il aura toujours de la place pour les jeux aux noms à rallonge qui n'ont absolument aucun sens. ER.